IMPORTANCE DES MICRO-ORGANISMES POUR LA CONSERVATION ET LA TRANSFORMATION DES PRODUITS , INFLUENCE DE L’HYGIÈNE ET DES BONNES PRATIQUES SUR LA CONSERVATION ET LA QUALITÉ DES PRODUITS TRANSFORMÉS
INFLUENCE DE L’HYGIÈNE ET DES BONNES PRATIQUES
SUR LA CONSERVATION ET LA QUALITÉ DES PRODUITS
TRANSFORMÉS
2.4.1. Conséquences d’un manque d’hygiène
Selon le Codex Alimentarius16, le public est en droit d’attendre que les aliments
qu’il consomme soient sans danger et propres à la consommation. Les intoxications
alimentaires et les maladies transmises par les aliments sont dans la meilleure
des hypothèses déplaisantes ; au pire, elles peuvent être fatales.
Mais elles ont aussi d’autres conséquences. Les foyers d’intoxication alimentaire
peuvent perturber les échanges, et entraîner un manque à gagner, du chômage
et des litiges.
La détérioration des aliments est une source de gâchis, elle est coûteuse et peut se
répercuter négativement sur le commerce et la confiance des consommateurs.
Un contrôle efficace de l’hygiène est donc essentiel pour éviter les conséquences
négatives, sur la santé publique et sur l’économie, des intoxications alimentaires
et des maladies transmises par les aliments, ainsi que de la détérioration
des aliments.
2.4.2. Hygiène et Bonnes Pratiques : les piliers de la sécurité sanitaire
Dans notre environnement (sol, eau, air), nous sommes entourés de micro
organismes divers qui passent inaperçus, et nous sommes nous-mêmes, souvent
sans le savoir, porteurs de nombreux microbes (notre état de santé influe donc
aussi sur la sécurité des produits).
Au cours de l’itinéraire technique de production, du semis à la récolte, nombreuses
sont les opérations culturales qui engendrent des risques pour le produit qui sera
transformé. Par exemple, les produits utilisés pour la protection des cultures ou
dans le cadre des mesures phytosanitaires avant exportation laissent des résidus
qui peuvent être toxiques s’ils dépassent certaines concentrations (> LMR ou limites
maximales applicables aux résidus). Des substances chimiques peuvent migrer
au départ des conteneurs plastiques, des encres ou des emballages, sans parler
des additifs alimentaires employés pour prolonger la conservation ou pour d’autres
raisons technologiques.
Pour éviter que les levures, les moisissures, les bactéries, les virus, et autres
contaminants chimiques se retrouvent en quantité excessive dans les produits
alimentaires et ne nuisent ainsi à la fois à la salubrité et à la sécurité des produits,
il faut absolument veiller à respecter le plus scrupuleusement possible les principes
suivants.
3.1. INTRODUCTION
Lors de la production et du traitement des denrées alimentaires, une contamination
est toujours susceptible de se produire, par exemple, par des bactéries, des virus ou
d’autres organismes ou substances. Les sources de contamination dans l’industrie
agro-alimentaire sont nombreuses et variées. Le producteur lui-même, malgré son
désir de « bien faire » peut être une source de contamination si son hygiène n’est pas
impeccable, si ses infrastructures ne se prêtent pas à la transformation des produits
ou s’il ne maîtrise pas parfaitement ses procédés. Or, la consommation d’un aliment
mal lavé, mal préparé ou mal conservé peut entraîner un risque grave pour la santé
du consommateur
Tous les produits frais peuvent se détériorer s’ils sont exposés à des températures
extrêmes (voir Annexes). La tolérance à la température, notamment au froid excessif,
varie beaucoup selon les denrées. Leur tolérance aux températures basses est
extrêmement importante dans le cas de l’entreposage réfrigéré. À des températures
comprises entre 0 ° et – 2 °C, les produits subissent une congélation et la durée
de conservation ultérieure sera brève. Les produits congelés se décomposent
facilement.
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CHAPITRE 2
2.3. IMPORTANCE DES MICRO-ORGANISMES POUR LA CONSERVATION
ET LA TRANSFORMATION DES PRODUITS
2.3.1. Types de micro-organismes à considérer
Beaucoup de micro-organismes sont présents dans et sur les produits alimentaires
(matières premières et produits finis). Certains sont très utiles et même nécessaires
au processus de conservation (ex. : lacto-fermentation)13, mais nombreux sont
ceux qui sont préjudiciables à la bonne conservation des produits alimentaires.
Les uns présentent en eux-mêmes ou par leurs sécrétions un danger pour
l’homme (on parle de pathogènes qui nuisent à la sécurité des produits), les autres
modifient les propriétés, la texture, l’aspect, l’odeur, le goût des produits (on parle
de la salubrité).
Les micro-organismes responsables de l’altération des produits sont de trois types :
les bactéries (y compris leurs spores et leurs toxines), les moisissures (y compris
leurs toxines) et les levures. Les bactéries et les levures ne sont pas visibles à l’œil
nu, ce qui est souvent le cas des moisissures, parce qu’elles forment de fins filaments
ou un solide agglomérat que l’on peut distinguer.
Cependant, il est important de bien faire la distinction entre deux groupes.
2.3.1.1. Les micro-organismes pathogènes (aspect « sécurité »)
Les bactéries se trouvent naturellement sur et dans les produits alimentaires.
En nombre limité, leur impact sur la santé est généralement négligeable pour
le consommateur. Il y a toutefois des différences à ce niveau entre agents pathogènes,
selon la vitesse à laquelle ils vont se développer dans l’organisme du consommateur
et selon qu’il y ait ou non production d’un métabolite secondaire toxique (toxine
libérée par la bactérie).
Les bactéries pathogènes sont responsables du plus grand risque alimentaire
de nature biologique.
13
Les déchets sécrétés par certains micro-organismes ont un effet positif sur les aliments.
Les bactéries lactiques, par exemple, servent à fabriquer du fromage et du yaourt à partir du lait,
et de la choucroute à partir du chou blanc. On utilise des moisissures pour fabriquer du tempeh
à partir du soja, et les levures permettent de fabriquer de la bière et du pain. Ces substances
modifient le goût et la structure des produits alimentaires et augmentent généralement leur durée
de conservation. Les produits se conservent plus longtemps parce que les micro-organismes
en question font diminuer le taux de pH des aliments ou parce que leur grand nombre empêche
le développement d’autres micro-organismes. Cette utilisation des micro-organismes pour
la préparation des aliments est appelée fermentation.
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CHAPITRE 2
Certaines bactéries pathogènes (des genres Bacillus et Clostridium) sont sporulantes.
Les « spores » présentent des caractéristiques de résistance (ex. : au chauffage)
et peuvent survivre pendant de longues périodes en conditions défavorables (froid,
déshydratation). La thermo-résistance de la spore est ainsi en bonne partie due
à sa déshydratation (forme végétative = 80 % d’eau, et spore = entre 10 et 20 %
d’eau). Lorsque les conditions redeviennent favorables (ex. : lors de la décongélation
des produits), la spore, qui est la forme de résistance de la bactérie, peut redonner
une forme végétative : c’est la germination.
Les bactéries se développent sur presque tous les types d’aliments frais qui ne
sont pas trop acides : la viande, le poisson, le lait et les légumes14. La majorité
des accidents alimentaires (TIAC ou toxi-infections alimentaires collectives) leur sont
imputables. De mauvaises conditions de manutention et de stockage contribuent
à leur prolifération dans les aliments. S’ils ne sont pas bien manipulés et stockés,
les aliments cuits constituent souvent un milieu de culture fertile pour la croissance
de ces germes indésirables.
Même si ce sont la plupart du temps des produits alimentaires d’origine animale,
comme les œufs ou la viande (consommés crus ou mal cuits) qui sont concernés dans
les TIAC, la grave crise sanitaire qui a durement frappé l’Allemagne en mai 2011, dite
« des graines germées », a démontré que les produits végétaux peuvent également
être à risque.
14
Parfois les effets négatifs des bactéries apparaissent très clairement (ex. : viande visqueuse,
formation de gaz, odeur nettement putride). Mais la détérioration des aliments n’est pas toujours
aussi évidente, et la présence de certaines bactéries ne provoque pas forcément une modification
de leur saveur ou de leur apparence. Dans tous les cas, il faut absolument éviter de consommer
des aliments avariés, car on risque une contamination ou une intoxication (déchets toxiques sécrétés
par les bactéries).
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CHAPITRE 2
La bactérie Escherichia coli entérohémorragique type « O104: H4 », responsable
de diarrhées sanglantes, de trente décès et d’une épidémie sans précédent avec
des conséquences économiques majeures, était nichée dans des lots de « graines
germées » produites dans une exploitation bio de Basse-Saxe.
Les responsables sanitaires ont aussi lancé des alertes sur les concombres,
les tomates et les salades tenus comme des suspects présumés. Cependant
les investigations ultérieures ont démontré la présence possible, dans ces graines
germées, d’autres bactéries responsables de salmonelloses, de listérioses ou
de shigelloses.
Les experts ont estimé que la plupart des graines fournies aux producteurs
de graines germées étaient produites au départ pour les cultures fourragères
et n’avaient donc pas fait l’objet de bonnes pratiques permettant de prévenir
la contamination microbienne des graines destinées à la germination, notamment
à cause de l’utilisation d’engrais naturels (contenant des fèces animales) ou d’eau
d’irrigation contaminée. Les spécialistes considèrent que si le nombre de TIAC
(toxi-infection alimentaire collective) impliquant des denrées végétales est moindre,
en cas de crise les conséquences sont toujours très sévères, car souvent les produits
végétaux sont consommés crus.
Il existe de nombreux pathogènes ou « dangers biologiques » à considérer lors
de la transformation et conservation des produits alimentaires. Les risques biologiques
sont liés à la contamination des aliments par des organismes (ex. : vers) ou des micro
organismes pathogènes, essentiellement des virus, des bactéries, des champignons,
des protozoaires, des prions… Ces organismes sont souvent associés aux humains
et aux produits crus entrant dans la chaîne de fabrication alimentaire.
Heureusement, tous ne sont pas pertinents à considérer dans le cadre des produits
alimentaires d’origine végétale. Mais plusieurs font partie de la flore naturelle
de l’environnement où les aliments sont produits et cultivés.
La présente publication a été élaborée par le COLEACP dans le cadre de programmes
de coopération financés par l’Union européenne (Fonds Européen de développement – FED), l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP),
l’Agence française de Développement (AFD) et le Fonds pour l’application des normes
et le développement du commerce (STDF).


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