GUIDE PRATIQUE ET CONSEILS POUR LA CULTURE DE LA POMME DE TERRE

. Principaux ennemis et importance Ce guide traite de la protection phytosanitaire de la pomme de terre. Cette culture est produite pour ses tubercules. 1.1 Importance et impact sur la quantité et la qualité de la production Les informations données ci-dessous présentent la liste des principaux ravageurs et maladies qui seront traités dans ce Guide. Pour chaque ennemi de la culture sont donnés : • Le niveau d’importance de l’impact économique observé généralement dans les pays ACP suivant l’échelle suivante : (+) faible, (++) moyenne ment important, (+++) important et (++++) très important. • Les parties de la plante attaquées et la manière dont elles sont atteintes. • Le type de pertes occasionnées qui induisent, toutes au final, des réductions de rendements en produits commercialisables et donc des pertes financières. La présence des nuisibles peut entrainer des baisses de rendement par des pertes à différents niveaux :- nombre de plants par hectare réduit,- nombre de tubercules par plant réduit,- taille des tubercules réduite,- qualité moindre des tubercules. Les organismes de quarantaine en Europe sont indiqués par « OQ ». Les producteurs/exportateurs doivent vérifier régulièrement ces informations, étant donné l’évolution de la réglementation, en consultant les sites suivants : http://europa.eu/legislation_summaries/food_safety/plant_health_checks/f85001_fr.htm et http://www.eppo.org/QUARANTINE/quarantine.htm. INSECTES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules léPIDOPTèRES Noctuidae Chenilles défoliatrices Spodoptera exigua, Spodoptera littoralis « OQ », Helicoverpa armigera « OQ » L’importance économique de ces ravageurs varie très fortement en fonction du degré d’infestation et du stade phénologique des plants. + à ++ Les chenilles dévorent le parenchyme des feuilles. Il ne reste que l’épiderme desséché. Quand l’attaque est avancée, la culture semble être grillée. Possible réduction de la taille des tubercules si forte infestation sur les feuilles aux premiers stades de la plantation. Réduction de la taille des tubercules commercialisables. Vers gris Agrotis ipsilon, A. segetum + Les chenilles s’abritent dans la couche superficielle du sol. Elles dévorent le feuillage et coupent les tiges au ras du sol pour se nourrir. Nombre de plants réduit par la mort des tiges coupées. Réduction du nombre de plants par unité de surface et par conséquent du rendement en tubercules. Réduction également en taille suite à la défoliation. P7 1. Principaux ennemis et importance INSECTES - suite Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Sphyngidae Sphinx tête de mort Acherontia atropos + La feuille présente des trous de forme irrégulière ou est entièrement consommée à l’exception du pétiole. La taille et le nombre des tubercules peuvent être réduits en cas de fortes pullulations entraînant des défoliations importantes. Dominance de tubercules de petits calibres, commercialement peu attractifs. Gelechiidae Teignes de la pomme de terre Phthorimaea operculella, Tecia solanivora Les teignes occasionnent des dégâts aussi bien en champ que pendant le stockage et la conservation des tubercules. Tecia solanivora est rencontrée dans les Caraïbes (et en Amérique Centrale). ++ à ++++ Les larves minent les feuilles les plus basses et les plus larges et provoquent des taches à reflets argentés. Les larves creusent des galeries à l’intérieur des tubercules. Ces galeries constituent des portes d’entrée de champignons et bactéries augmentant le risque de pourriture. En cas d’attaque très sévère, il s’en suit le flétrissement et la mort des plants avec pour conséquence une réduction du nombre de plants. Les tubercules affectés deviennent impropres à la consommation. Pourriture des tubercules après une courte durée de stockage. ORThOPTèRES Grillidae Grillon et courtilière (polyphages) Gryllotalpa africana, Brachytrupes membranaceus + à ++ Les larves et adultes sectionnent les tiges à ras du sol et dévorent les feuilles la nuit. Réduit suite aux dégâts directs sur les tiges. Pyrgomorphidae Criquet puant (polyphage) Zonocerus variegatus + à ++ Prélèvement de nourriture sur les feuilles, tiges et fleurs. Destruction parfois complète du limbe foliaire. Réduit par les dégâts directs sur les feuilles et tiges. P8 1. Principaux ennemis et importance INSECTES - suite Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules ISOPTèRES Termitidae Termites Microtermes spp. ++ à +++ Tissus intérieurs du collet des tiges rongés. Réduit par suite de l’affaiblissement des tiges et la mort de la plante. hOMOPTèRES Aleyrodidae Mouche blanche (cosmopolite) Bemisia tabaci « OQ » + à ++ Les larves et adultes vivent à la face inférieure des feuilles, ponctionnant les liquides intracellulaires. Les dégâts sont dus aux prélèvements de liquides végétaux qui affaiblissent le plant, mais surtout à la transmission de virus qui peuvent entraîner une réduction considérable du poids des tubercules. Réduction de la taille des tubercules. Aphididae Pucerons Myzus persicae, Aphis gossypii, Aulacartum solani, Macrosiphum euphorbiae + à ++ Les larves et adultes piquent les feuilles et sucent le liquide végétal. Possible réduction (en nombre et taille) si forte infestation sur les feuilles. Ces ravageurs sont surtout dangereux pour leur capacité de transmission des virus qui ont un effet additionnel sur cette réduction. héMIPTèRES Cicadellidae Cicadelle Jacobiasca lybica + à ++ Les larves et adultes se nourrissent sur les tiges et les feuilles qu’ils piquent pour sucer la sève. Possible réduction si forte infestation sur les plantules. Coreidae Punaise brune (Afrique tropicale - très polyphage) Anoplocnemis curvipes + à ++ Les larves et adultes sucent la sève en piquant les pétioles et jeunes tiges. Réduit suite au flétrissement et la mort des organes lésés surtout les jeunes tiges. P9 1. Principaux ennemis et importance INSECTES - suite COléOPTèRES Chrysomelidae Andrector ruficornis + à ++ Les larves adultes se nourrissent des feuilles. Fortement réduit suite à la diminution du pouvoir photosynthétique de la plante. ACARIENS Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Acariens des parties aériennes Polyphagotarsonemus latus, Aculops lycopersici, Tetranychus spp. + à ++ Piqûres de prise de nourriture sur les feuilles par les larves et adultes. Possible réduction si forte infestation sur les feuilles. Acarien des racines Rhizoglyphus echinopus Pucerons - Myzus persicae, Aphis gossypii, Aulacartum solani, Macrosiphum euphorbiae + Ceux-ci sont creusés et présentent des couloirs remplis d’une farine granuleuse. Les tubercules pourrissent et deviennent impropres à la consommation. NEMATODES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Nématodes Meloidogyne spp., Pratylenchus spp., Helicotylenchus spp. + à ++ Les larves pénètrent dans les racines. Dépérissement de plants. Réduction si racines fortement atteintes. Tubercules déformés. P10 1. Principaux ennemis et importance VERTEBRES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Rats Rattus rattus, R. norvegicus, Myomys daltoni, Cricetomis gambianus + à ++ Ils sont rongés et servent de voie de pénétration à de nombreux micro organismes pathogènes. Réduction du nombre de tubercules entiers. DIPlOPODES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Mille-pattes (arthropodes myriapodes) + à ++ Mangés par les mille-pattes surtout après des attaques de curculionidés. Réduction de la qualité des tubercules. MOllUSQUES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Escargot géant africain Achatina spp. + à ++ Feuilles et tiges rongées. Réduction possible si attaque précoce. P11 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES FONGIQUES du feuillage Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Alternariose Alternaria solani + à ++ Les spores du champignon survivent dans les résidus de culture infectés, dans le sol et sur les tubercules contaminés. Les spores germent en présence d’eau et pénètrent directement la surface foliaire, provoquant des lésions qui restent limitées entre les nervures. Parfois, nécrose des tiges et lésions sur les tubercules servant de voie de pénétration à d’autres moisissures. En période pluviale, les attaques sont sévères, occasionnant de fortes défoliations avec réduction des rendements en tubercules de consommation. Pendant la conservation, les tubercules peuvent présenter des lésions brunes et coriaces. Quoique demeurant superficielles, ces lésions affectent la présentation des tubercules. Cladosporiose Cladosporium fulvum + Rouille ou moisissures des feuilles. Forte réduction du feuillage par temps frais et humide, affectant la tubérisation. Formation de petits tubercules si attaque tardive. Mildiou Phytophtora infestans ++ à +++ Le mycélium du champignon se développe sur la face inférieure des feuilles infectées et produit des sporanges qui assurent la propagation de la maladie. Occasionne des pourritures humides ou sèches sur les tubercules. Réduction du nombre de plants (mortalité due à une forte défoliation). Réduction du système foliaire, mort des tiges et faible tubérisation si attaque précoce. Pourriture, momification, tubercules durs et au goût amer à la cuisson. P12 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES FONGIQUES des tiges et des tubercules Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Pourritures Sclerotium rolfsii, Rhizoctonia solani ++ R. solani est transmis par la semence de pomme de terre sous forme de sclérotes. En conditions favorables, ses filaments pénètrent et croissent dans les germes. Le champignon produit une toxine régulatrice de la croissance. Réduction par mort des plants. Peut intervenir à tous les stades. Les attaques précoces peuvent avoir une forte incidence sur la réduction du rendement (faible tubérisation et diminution du poids des tubercules). Baisse de la qualité de la présentation : tubercules de petite taille, difformes, crevassés parfois avec des altérations superficielles. Fusariose et verticilliose Fusarium oxysporum « OQ », Verticillium albo-atrum + à ++ F. oxysporum envahit les tissus vasculaires. L’infection des plants par V. albo-atrum se fait surtout par les poils absorbants. Les hyphes du champignon croissent dans les vaisseaux du xylème et entravent la circulation de l’eau. Réduction par mort des plants. Nombre de tubercules réduit par l'affaiblissement/mort des plants Possible pourriture sur les tubercules, les rendant impropres à la consommation. P13 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES BACTERIENNES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Pourriture brune de la pomme de terre Ralstonia solanacearum « OQ » +++ à ++++ La bactérie pénètre dans la plante à travers des blessures naturelles, artificielles ou par les nématodes. Elle se multiplie rapidement dans les tissus et colonise le système vasculaire pour se propager à toute la plante. Les tissus conducteurs des stolons et tubercules deviennent bruns. Réduction par mort des plants. Les attaques précoces dans les sols contaminés ou lourds (souvent mal drainés) présente un taux élevé de mortalité des plants allant jusqu’à la perte totale de la récolte. Possible pourriture des tubercules, devenant impropres à la consommation humaine. Pourritures molles (tubercules) / “jambes noires” (tiges) Pectobacterium carotovorum, Pectobacterium atrosepticum, Dickeya spp. + à ++ Ces bactéries se développent sur la végétation ou sur le tubercule. Dans tous les cas, les organes atteints présentent une destruction des vaisseaux. Pourriture molle des tubercules avec une forte odeur. Réduction du nombre de plants suite au flétrissement et à la mort. En conditions favorables (temps chaud et humide) la maladie provoque une forte mortalité des plants et une réduction de la densité. Pourriture molle et visqueuse des tubercules les rendant impropres à la consommation humaine (en conservation). Gale commune Streptomyces scabies + à ++ Le Streptomyces envahit les tubercules par les lenticelles. Après sa pénétration, le pathogène colonise quelques couches de cellules qui meurent et il survit en saprophyte sur les tissus nécrosés. Lésions « liégeuses » à la surface des tubercules qui peuvent être superficielles ou plus profondes. Dépréciation de l’apparence des tubercules (présentation). P14 1. Principaux ennemis et importance VIROSES Importance Organes atteints Type de pertes Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de tubercules/plant Taille/poids des tubercules Qualité des tubercules Virus de l’enroulement de la pomme de terre (PLRV) + Ce virus est introduit dans la plante par des insectes vecteurs (pucerons). Les particules virales détruisent les vaisseaux des organes atteints et l’amidon ne peut plus être transporté, donnant lieu aux symptômes. Faible tubérisation suite au rabougrissement des plants. Tubercules de taille et poids réduits suite au rabougrissement des plants. Tubercules de petites tailles, de faible valeur commerciale, et impropres à l’utilisation comme semences. Les virus X, A et Y virus X de la pomme de terre (PVX, acronyme de Potato virus X) + à ++ Le virus est transmis uniquement par contact du feuillage dans les techniques culturales. Il demeure infectieux pendant 6 heures sur les différents supports. Il se propage dans toute la plante. Réduction du rendement du fait de l’impact sur l’activité photosynthétique. Tubercules de petites tailles, de faible valeur commerciale, et impropres à l’utilisation comme semences. virus A de la pomme de terre (PVA, acronyme de Potato virus A) + à ++ Ce virus est transmis principalement par les pucerons, mais aussi par contact direct entre plantes blessées, par exemple en cas de vent ou par le biais des instruments agricoles. Il se propage dans toute la plante. Réduction du rendement du fait de l’impact sur l’activité photosynthétique. Tubercules de petites tailles, de faible valeur commerciale, et impropres à l’utilisation comme semences. virus Y de la pomme de terre (PVY, acronyme de Potato virus Y) + à ++ Le virus Y est transmis par diverses espèces de pucerons qui en sont le vecteur le plus important, mais il peut aussi rester en sommeil dans les tubercules utilisés comme semence. Il se propage dans toute la plante. Réduction du rendement du fait de l’impact sur l’activité photosynthétique. Des souches de PVY peuvent interagir avec d’autres virus de la pomme de terre comme le PVX et le PVA, et provoquer des pertes plus importantes. Tubercules de petites tailles, de faible valeur commerciale, et impropres à l’utilisation comme semences. Apparition de taches nécrotiques dans les tubercules, qui rendent les pommes de terre impropres à la vente. 1. Principaux ennemis et importance 1.2 Identification et dégâts Cette section contient des informations et des illustrations pour faciliter l’identification des principaux bio-agresseurs (ravageurs et maladies). INSECTES Insectes attaquant les organes aériens : feuilles et tiges léPIDOPTèRES Noctuidae Spodoptera spp. Ce genre comprend plusieurs espèces dont les plus importantes sur pomme de terre en climat tropical chaud sont S.exigua et S. littoralis. Une caractéristique commune à ces espèces est la ponte, déposée très généralement sous forme de masses recouvertes d’écailles et de poils en pro venance de l’abdomen de la femelle. Ces masses sont facilement repérables, ce qui constitue un élément important dans la lutte mécanique contre ces espèces. S. exigua : largement répandue dans le monde, c’est une espèce très polyphage. Description Le corps de l’adulte mesure environ 14 mm et l’envergure des ailes étalées peut atteindre 35 mm. Les ailes antérieures sont gris-brun avec deux taches caractéristiques brun-jaune. Les chenilles, de couleurs assez variables, sont en général vertes aux premiers stades et brunissent ensuite. Les chenilles matures mesurent jusqu’à 4 cm de long et sont généralement de couleur noire, leur tête comportant généralement des taches brun foncé et leur dos des bandes jaune clair. Elles vivent groupées pendant les premiers stades et se dispersent ensuite. Dégâts Les dégâts sont caractéristiques : pendant les premiers stades seul l’épiderme supérieur des feuilles est rongé, ensuite la feuille entière est consommée exception faite de la nervure centrale. En grand nombre, ces chenilles ont une activité grégaire et peuvent se déplacer en groupes. S. littoralis : présent en Afrique. Description L’adulte est un papillon au corps blanchâtre teinté de rouge ; les ailes antérieures sont étroites, brun crémeux à gris, à ornementation complexe avec des bandes blanchâtres, tandis que les ailes postérieures sont blanchâtres. L’envergure des ailes étalées mesure 30 à 40 mm. Aux 1ers stades, la chenille est de couleur vert vif avec la tête et la plaque thoracique noire ; ensuite elle passe progressivement au brun-noir tachetée de blanc avec une ligne dorsale médiane brun-rouge. Dégâts A l’éclosion les chenilles restent groupées sur la face inférieure des feuilles et consomment le parenchyme. Parfois l’espèce adopte le comportement d’un ver gris. Les chenilles ont alors une activité strictement nocturne, se cachant en journée dans les crevasses du sol. Très polyphage, S. littoralis demeure un ravageur potentiellement dangereux pour la pomme de terre. Adulte Chenille P15 1. Principaux ennemis et importance Noctuidae - suite La Noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera (= Heliothis armigera) Description L’adulte a un gros corps d’environ 20 mm de longueur et une envergure de 40 mm (ailes étalées). Les ailes antérieures de couleur chamois ou tannée présentent une tache foncée au milieu avec une légère bande transversale plus foncée. Les ailes postérieures sont claires bordées d’une bande marginale foncée comportant deux taches plus claires. Les chenilles sont de couleur variable : verdâtre, jaunâtre, rosâtre ou brunâtre, couvertes de petits poils. La tête et la plaque thoracique sont brunes à noires, avec des taches au début. Elles présentent souvent des bandes longitudinales latérales claires et foncées, en particulier une large ligne blanche sur les côtés. Leur longueur peut atteindre 40 mm à leur développe ment complet. Dégâts Sur la pomme de terre, les chenilles rongent les feuilles en y laissant de grandes perfora tions. Les dégâts s’observent surtout dans les conditions d’assolement où la pomme de terre coexiste avec d’autres hôtes appréciés comme la tomate ou le maïs, ou lorsque ces cultures précèdent la pomme de terre et que des résidus de récolte se maintiennent dans les champs de pomme de terre. Chenille Agrotis spp. Ce genre comprend également deux espèces d’importance économique pour la culture de la pomme de terre : Agrotis ipsilon et A. sepedecum. Agrotis ipsilon : présent sur tout le continent africain. Description Le papillon mesure environ 20 mm et a une envergure de 40 à 45 mm (ailes étalées). Le corps est brun-grisâtre. Les ailes antérieures sont brunes avec, le long du bord externe, une ligne brisée limitant de petits triangles noirs et, vers le centre de l’aile, une tache orbiculaire prolongée, extérieurement, par une autre bande cunéiforme noire. Les ailes postérieures sont blanches avec une bande marginale brun-foncée, bien marquée. A leur développement complet, les chenilles peuvent atteindre jusqu’à 50 mm de long. A la naissance, elles sont vert clair, avec de petits tubercules sétifères, puis elles deviennent brun gris, glabres avec la face ventrale claire et, dorsalement, deux lignes longitudinales claires de part et d’autre d’une ligne médiane plus foncée. Chaque segment du corps de la chenille porte latéralement quatre taches brunes. Dégâts Les jeunes chenilles, avant de se disperser, rongent les feuilles proches de celles sur les quelles la ponte des œufs a été effectuée. Plus âgées, elles sectionnent pendant la nuit les tiges au ras du sol. Le papillon est présent sur des espèces végétales très diverses incluant les céréales, les légumineuses, la patate douce, le coton, le tabac et les cultures légumières. Dégâts d’Agrotis spp. (plant de pomme de terre coupé à ras du sol à Dalaba (Guinée) Chenille d’Agrotis ipsilon (différentes colorations) P16 P17 1. Principaux ennemis et importance Noctuidae - suite Agrotis segetum Description Le papillon mesure 40 mm d’envergure. De fines lignes brunes traversent l’aile au niveau de son tiers antérieur, ainsi que vers son extrémité. Le front porte un petit relief tronconique à bords relevés, visible lorsqu’on enlève les écailles qui le recouvrent. La chenille au stade néonate est brun-jaune et légèrement rougeâtre sur le dos. A son déve loppement complet, elle mesure 40 à 45 mm de longueur. Sa coloration générale devient gris plombé et ocre chez les individus sur le point de faire la mue nymphale. Dégâts La chenille attaque le collet, les racines et les tubercules. Elle détruit ainsi les feuilles en voie de formation, les tissus indifférenciés ou sectionne complètement les tiges des jeunes plants. C’est un insecte polyphage qui s’attaque à diverses cultures maraîchères, fourragères, florales, etc. Chenille d’Agrotis segetum Sphingidae Le Sphinx de la pomme de terre (Sphinx tête de mort), Acherontia atropos (L.) Description La chenille est grande, de couleur verdâtre ou jaunâtre, avec des lignes latérales de couleur bleue. Elle peut atteindre une longueur de 15 cm. Sur la partie postérieure du corps, elle porte une épine en forme de “S”. Dégâts Comme chez le sphinx de la patate douce, les chenilles se nourrissent de feuilles dans les quelles elles font des trous de forme irrégulière. Elles peuvent consommer la totalité de la feuille, pour ne laisser que le pétiole. Sur la culture de la pomme de terre, les dégâts dus aux sphingides ne sont normalement pas importants. Adulte, chenille et chrysalide COlEOPTèRES Chrysomelidae Andrector ruficornis Les larves et les adultes détruisent entièrement les feuilles. Adulte 1. Principaux ennemis et importance ISOPTèRES Les termites sont des insectes sociaux dont certaines espèces sont nuisibles à l’agriculture. Ils possèdent des pièces buccales conçues pour déchiqueter et broyer les tissus végétaux. Les dégâts sont occasionnés de diverses manières, entre autres : • en pénétrant dans la tige du végétal, à quelques centimètres sous la surface du sol et en vidant l’intérieur du collet et de la racine principale, entraînant ainsi l’affaiblissement des tiges et la mort de la plante (Microtermes spp.) ; • en se comportant en polyphages, se nourrissant du végétal (Trinervitermes spp.) ; • en creusant des galeries souterraines et en édifiant des galeries le long des tiges ce qui provoque la déstabilisation du plant. L’inventaire des termites sur la pomme de terre en milieu tropical a fait l’objet de peu d’attention bien que les dégâts causés soient bien souvent importants. Ont cependant été rapportées plusieurs espèces nuisibles appartenant à divers genres sur d’autres plantes à racines et tubercules comme le manioc et la patate douce. En raison de leur polyphagie, les mêmes espèces peuvent se rencontrer sur la pomme de terre. Il d’agit de : Hodotermes mosambicus (Afrique de l’Est et du Sud) ; Microtermes subhyalinus (Afrique tropicale) ; M. thoracalis (Soudan, Afrique Centrale) ; Tri nervitermes geminatus (Sénégal) ; Amitermes evuncifer (Nigeria) et Eutermes parvulus (Sénégal). ORThOPTèRES Grillidae La Courtilière (Grillon-Taupe), Gryllotalpa africana Description Cet insecte au corps robuste, cylindrique, de couleur variant de brun à chamois, vit la plupart du temps dans le sol. L’adulte mesure 35 à 45 mm de long. La tête, qui porte des pièces buc cales broyeuses très développées et des antennes courtes, est partiellement recouverte par le prothorax et forme un ensemble très visible. Les pattes antérieures, courtes, sont fouisseuses. Les ailes postérieures, grandes et transparentes, sont en partie recouvertes par de courts élytres hyalins. L’abdomen porte à son extrémité deux longs cerques. Dégâts Les dégâts sont occasionnés soit par les déplacements des courtilières en surface ou à faible profondeur qui soulèvent le sol et déstabilisent alors les jeunes plantes, soit par le prélèvement des organes aériens (feuilles et tiges) qu’elles emportent dans leurs terriers pour se nourrir. La courtilière se nourrit également de vers de terre (Lumbricidae spp.), de larves d’insectes souterrains et des racines de plantes légumières, ornementales ainsi que celles de diverses graminées. La courtilière préfère les sols légers et frais (faciles à creuser) et riches en matière organique et en nourriture potentielle. Adulte Brachytrupes membranaceus Description Ce grillon, de 45 à 50 mm de long est noir brillant, avec la partie postérieure de la tête plus claire. Les tibias des pattes postérieures sont armés de puissants éperons. L’adulte vit dans des galeries étendues, quelques fois assez profondes, s’ouvrant à la surface par un vaste orifice. Dégâts Les adultes sectionnent les tiges de la pomme de terre à ras le sol et les dévorent sur place ou transportent les feuilles dans le terrier pour nourrir les jeunes grillons. Adulte P18 1. Principaux ennemis et importance Pyrgomorphidae Le Criquet puant, Zonocerus variegatus Description L’adulte mesure de 40 à 48 mm de long, le corselet est vert olive, jaunâtre sur les bords, tandis que la tête et le reste du corps sont noirs, parsemés de taches blanches, jaunes et oranges. Les élytres sont vert-jaune. La forme générale de la larve ressemble à celle de l’adulte, mais la teinte dominante est le noir tacheté de jaune. Dégâts Le criquet puant endommage les plants de pomme de terre quel que soit son stade de déve loppement. Les pertes sont les plus importantes lors d’attaque précoce des plants à la levée. Les dégâts sont similaires à ceux de nombreuses autres espèces de criquets rencontrés sur diverses cultures en milieu tropical. Les larves et adultes dévorent les folioles en ne laissant que la nervure principale. hOMOPTèRES Aleyrodidae La Mouche blanche du tabac, Bemisia tabaci Description Larve de Zonocerus variegatus Les adultes sont petits (1 à 2 mm) mais facilement observables sur les faces inférieures des feuilles du fait de leur couleur blanche. Très mobiles, ils s’envolent rapidement. Les œufs sont insérés dans les tissus de la plante. Les larves sont ovales et plates. Le cycle biologique très court (28 à 35 jours) explique l’augmentation rapide des infestations. Dégâts Les larves et adultes se nourrissent de la sève, entraînant des taches chlorotiques sur la face supérieure des feuilles. La multitude des piqûres et la toxicité de la salive injectée provoquent des déformations foliaires qui, en cas de forte infestation, conduisent au dessèchement des feuilles ainsi qu’à la présence de miellat. Nymphes Adulte Dégâts de B. tabaci sur feuilles de pomme de terre P19 1. Principaux ennemis et importance Aphididae Le Puceron vert du pêcher, Myzus persicae Description L’adulte est de forme ovale et mesure 1,2 à 2,5 mm de longueur. Le corps porte une paire d’appendices abdominaux (cornicules) légèrement renflés aux extrémités et des tubercules proéminents et convergents à la base des antennes. Les adultes aptères sont de couleur vert pâle et presque translucides. Les adultes ailés ont la tête et le thorax noir ou brun foncé et une tache dorsale sombre sur l’abdomen. Dégâts Adulte aptère de Myzus persicae Adulte ailé de Myzus persicae Le puceron vert du pêcher se localise surtout sur les feuilles au bas des plants de pomme de terre. Il attaque aussi les fleurs et les pousses. Le Puceron de la digitale, Aulacorthum solani Description L’adulte ailé est un puceron de taille moyenne mesurant 1,8 à 3,0 mm de long. Les antennes sont longues et pigmentées sauf la base de l’article III. Le front en forme de U présente des tubercules antennaires élevés, à bords parallèles. L’abdomen est marqué de bandes transver sales irrégulières diffuses, peu pigmentées. Les cornicules sont longues, droites, non renflées à la base, pâles, avec une courte partie apicale pigmentée se terminant par une large collerette. L’adulte aptère possède un abdomen brillant, vert à vert jaunâtre avec seulement une large tache vert sombre à la base des cornicules. Dégâts A. solani cause rarement des dégâts importants directs à la culture de la pomme de terre. Il peut cependant, lors de fortes infestations, endommager les germes des tubercules conservés dans les magasins à la lumière diffuse. Le Puceron de la pomme de terre, Macrosiphum euphorbiae Description L’adulte est aptère, de couleur vert à rose avec une strie vert foncé sur le dos. Il mesure 2 à 4 mm de long et porte des cornicules cylindriques deux fois plus longues que la queue et foncées à l’extrémité. La queue est en triangle et très allon gée, les antennes sont fusiformes, plus longues que le corps et brunes aux extrémités. Dégâts Adulte aptère de Macrosiphum euphorbiae Feuilles déformées Les piqûres entraînent un ralentissement de la croissance des plants et une diminution du rendement. Habituellement, les plants infestés par une forte population de M. euphorbiae flétrissent et leurs feuilles sont couvertes de miellat. P20 1. Principaux ennemis et importance héMIPTèRES Cicadellidae Les cicadelles ou jassides ont la particularité d’être de bons sauteurs. La Cicadelle africaine Jacobiasca lybica L’adulte a une forme très allongée, ses ailes, plus longues que son corps, sont d’un blanc translucide à nervation verte. La femelle, longue de 3 à 3,2 mm, est plus grande que le mâle qui mesure de 2,2 à 2,5mm. Le corps de l'adulte est en général vert foncé. Les larves se déplacent latéralement. Adultes et larves infestent le feuillage, et en sucent la sève. Il peuvent transmettre des virus et provoquer une décoloration des feuilles. Adulte et symptômes de brûlure de la cicadelle Insectes attaquant les organes végétatifs et tubercules aux champs ou pendant le stockage léPIDOPTèRES Gelechiidae Deux espèces de cette famille sont rapportées sur la pomme de terre en pays ACP: Phthorimaea operculella et Tecia solanivora. Parmi elles, P. operculella est probablement la plus nuisible sous climat tropical chaud, surtout pendant l’entreposage des tubercules. Tecia solanivora a une distribution géographique assez limitée. Phthorimaea operculella Description L’adulte est un petit papillon de 10 à 12 mm d’envergure. Son abdomen est gris et ses an tennes sont presque aussi longues que son corps. Ses ailes sont très étroites ; les antérieures sont gris jaunâtre et parsemées de petites taches noires alors que les postérieures sont grises et portent de longues soies. La chenille, de couleur blanc rosé, mesure 10 à 12 mm à son développement complet. La tête et le prothorax ont une couleur brun/noir. Chacun des segments du thorax porte quelques points noirs avec un petit nombre de soies. Dégâts Les dégâts sont causés aussi bien dans le champ que dans les entrepôts. Les oeufs sont pondus sur les feuille, ou directement sur les tubercules, au travers des fissures des billons. La chenille creuse ensuite une galeries dans le pétiole d'une feuille proches de son point d'éclosion. Elle peut aussi profiter d'une crevasse dans le sol pour atteindre dans le tubercule, et y creuser une galerie sinueuse qu'elle tapisse de fils de soie, tout en rejetant ses excré ments vers l'extérieur. En magasin, la chenille en fin de développement larvaire se nymphose sur divers supports : sacs de pomme de terre, palettes, murs, etc. avant qu'en émerge le papillon adulte. Chenille de la teigne, dans sa galerie Adultes de la teigne, vue dorsale et ventrale P21 1. Principaux ennemis et importance ACARIENS Acariens du feuillage Tetranychus urticae, Aculops lycopersis et Polyphagotarsonemus latus L'Acarien jaune (Tétranyque tisserand), Tetranychus urticae Description L’adulte est de couleur jaune-verdâtre avec 2 grandes taches foncées sur les côtés et mesure 0,5 mm de long. Il possède 4 paires de pattes. La larve est semblable à l’adulte mais ne pos sède que 3 paires de pattes. L'oeuf est jaune, translucide, et mesure 0,1mm. Dégâts Les femelles pondent sur les adventices ou autres plantes herbacées dans les champs ou à leurs abords. Larves et adultes migrent ensuite sur la culture, et tissent des toiles soyeuses sur la face inférieure des feuilles de pomme de terre, se protégeant ainsi du vent, des pré dateurs, et par là même des traitements. Pour se nourrir, ils piquent les feuilles et aspirent le suc cellulaire. Les dégâts directs sont dus aux piqûres de prise de nourriture : les feuilles prennent un aspect moucheté puis se dessèchent. En cas de pullulation, la plante peut mourir. C’est une espèce très polyphage qui s’attaque à près de 200 espèces de plantes sauvages, légumières, florales et fruitières. Adulte et symptômes de brûlure de la cicadelle Polyphagotarsonemus latus Description La femelle mesure 0,2 mm de long. Elle est ovale, allongée, et jaune opalescente. Le mâle est plus trapu avec de longues pattes. La quatrième paire de pattes se termine par un tubercule à la place d’une griffe. Dégâts Ces acariens se trouvent surtout sur la face inférieure des feuilles. Ils causent la nécrose des parties inférieures des feuilles, qui se plissent progressivement. Les attaques se concentrent sur les jeunes pousses. Symptômes sur feuilles Vue de l'acarien à la loupe Aculops lycopersici Description Ces acariens sont presque invisibles à l’œil nu. Dégâts Leurs piqûres donnent aux feuilles et aux tiges un aspect brillant, huileux et une coloration bronzée. Finalement les feuilles durcissent, brunissent et la plante se dessèche. Vue de l'acarien à la loupe P22 1. Principaux ennemis et importance Acarien des racines - Rhizoglyphus echinopus Rhizoglyphus echinopus Description C’est un petit acarien de 0,5 à 0,8 mm de long au stade adulte, au corps ovale, blanc brillant, et aux pattes rougeâtres. Son développement passe par trois stades nymphaux et demande environ trois semaines (en fonction de la température ambiante). Dégâts Cet acarien parasite de nombreuses plantes cultivées, notamment diverses plantes à bulbes et tubercules (ail, amaryllis, dahlia, jacinthe, lis, oignon, tulipe, etc.) ainsi que la patate douce et la pomme de terre. Sur cette dernière, les attaques peuvent avoir lieu aussi bien sur les plantes en culture que sur les tubercules entreposés. L’acarien attaque les racines, les stolons et les tubercules, dans lesquels il creuse des couloirs remplis d’une farine granuleuse. Ces symptômes peuvent être confondus avec ceux de la maladie vermiculaire de la pomme de terre, causée par un nématode. MAlADIES FONGIQUES du feuillage Alternaria solani La maladie s’observe d’abord sur les feuilles inférieures puis sur les feuilles supérieures par des nécroses à zones concentriques (photo de gauche). Le feuillage se dessèche ensuite, et chute comme si la plante était en maturité (photo de droite). Les tubercules peuvent également être infectés. Symptômes initiaux Symptômes avancés Cladosporium fulvum Sur la face inférieure des feuilles s’observe un duvet blanchâtre, suivi par le jaunissement et la chute des feuilles atteintes. Phytophtora infestans Cette maladie se manifeste par des nécroses aqueuses sur les feuilles inférieures, lesquelles présentent parfois, en bordure, une moisissure blan châtre. La fusion de ces nécroses entraîne « l’effondrement » de la plante. Ce champignon du sol peut s’attaquer aux tubercules situés près de la surface, causant des taches aqueuses qui brunissent et servent de voies de pénétration à d’autres organismes. La maladie est manifeste en temps humide et dans les sols lourds. Nécroses aqueuses sur les bordures des folioles Plantes en dépérissement suite aux attaques P23 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES FONGIQUES causant des flétrissements Fusarium oxysporum, Verticillium albo-atrum, Rhizoctonia solani, Sclerotium rolfsii Ces champignons terricoles sont responsables de flétrissements du feuillage souvent similaires, et sont difficiles à différencier sans examen de laboratoire. L’arrachage entier du plant et le sectionnement de la tige permet parfois la détermination de l’agent responsable. • dépérissement progressif des plants développés, jaunissement et nécrose des feuilles, flétrissement et mort des plants, parfois brunissement des tissus conducteurs … (Fusarium oxysporum et Verticillium albo-atrum). • mort des plants à tous les stades, nécrose noire du collet (tiges), formation de petits tubercules aériens et de sclérotes noirs sur les tiges et les tubercules … (Rhizoctonia solani) • flétrissement brusque de plantes isolées présentant une pourriture du collet et des racines. La tige au niveau de la surface du sol présente une moisissure blanchâtre parsemée de petits grains beiges (sclérotes) … (Sclerotium rolfsii) • Dégâts de R. solani Dégâts de F. oxysporum MAlADIES BACTERIENNES Sclérotes de S. rolfsii Ralstonia solanacearum Cette maladie se manifeste sous forme de flétrissement d’une ou plusieurs tiges sans jaunissement préalable, à l’approche de la floraison. Ce flétrisse ment est accentué aux heures chaudes de la journée. Une fois sectionnée, la tige laisse échapper un exsudat bactérien. Les tissus conducteurs de la tige, les stolons et les tubercules sont quelque fois colorés en brun. Cette maladie est la plus importante des maladies bactériennes de la pomme de terre en Afrique subsaharienne. Symptômes sur plants Symptômes sur tubercules Pectobacterium (= Erwinia) carotovorum, P. atrosepticum, Dickeya spp. Les feuilles supérieures sont dressées et enroulées, et le reste du feuillage est jaune en raison de la mauvaise alimentation du plant en eau. Par temps chaud et humide, la plante flétrit et meurt. Une pourriture noire s’installe au niveau du collet et se propage aux racines entraînant le symptôme le plus typique, le phénomène de jambe noire (une pourriture noire plus ou moins humide de la base des tiges). Les tubercules atteints présentent une pourriture molle qui dégage une odeur caractéris tique. Cette maladie se manifeste plus souvent sur les plants isolés. Les symptômes s'expriment davantage après un déficit hydrique. Dégâts de Pectobacterium caratovorum : Symptômes initiaux Symptôme de jambe noire P24 1. Principaux ennemis et importance VIROSES De nombreuses viroses sont reportées sur la pomme de terre. La mosaïque de la pomme de terre est responsable de la majorité des dégâts éco nomiques sur pomme de terre en Afrique. Le virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV) Les symptômes de la maladie sont un léger enroulement des jeunes feuilles qui perdent la souplesse des feuilles saines. Les feuilles se décolorent, devenant vert pâle puis jaune avec une face inférieure tirant vers le violet. Les mosaïques Elles se manifestent par la présence, entre ou sur les nervures des feuilles, de taches vert clair et vert foncé mélangées. L’apparition des symptômes de mosaïque est, entre autres, fonction des conditions climatiques. La frisolée Elle est causée par un mélange de virus et se caractérise par un rabou grissement des plants, qui présentent alors des dimensions réduites. Les feuilles sont petites et frisées, suite au raccourcissement des nervures. Dans les cas typiques, le feuillage a un aspect ramassé. Parfois les déformations des feuilles sont moins accentuées, et se carac térisant par de simples sinuosités ou ondulations des bords. P25 P26 1. Principaux ennemis et importance VIROSES - suite La Bigarrure Les symptômes de bigarrure s’extériorisent sur les plantes adultes au niveau des feuilles les plus âgées : des taches jaunes apparaissent puis évoluent en nécroses ponctuelles, nervaires ou internervaires selon les variétés atteintes ; certaines peuvent même montrer une nécrose apicale. Les symptômes seuls ne permettent pas de savoir quel virus est en cause. Ils varient d’autre part suivant l’âge de la plante, le moment de l’infection, la température et la génétique du virus et de l’hôte. Le virus Y provoque divers symptômes en fonction de la souche virale. Le virus X associé au virus Y peut déterminer une frisolée ou une bigarrure. MAlADIES PhYSIOlOGIQUES Les conditions défavorables du milieu, les « accidents atmosphériques » ainsi que les carences alimentaires etc. causent des maladies physiolo giques dont le diagnostic n’est toujours pas aisé. Un diagnostic erroné peut inciter à faire des traitements qui se révéleront inutiles. Mauvaise fertilisation chimique • La croissance des plants ralentit, les folioles à bordure vert clair se recroquevillent vers le haut (excès azote). • Le développement végétatif est faible, la maturation des tubercules est retardée et ils pré sentent une nécrose interne d'aspect 'rouille'. (excès phosphore). • Les entre nœuds sont courts, les folioles brun foncé, et les parties situées entre les nervures jaunissent. Les feuilles inférieures se nécrosent et chutent. (excès d’azote). • La plante est d'abord rabougrie, avec des feuilles présentant des taches brun foncé sur la face supérieure. Plus tard, le limbe se retourne, les feuilles chutent et la plante meurt. (manque de potassium). • Les plantes sont chlorotiques, à faible développement (manque d’azote). • Les feuilles sont ternes et d'une couleur roussâtre sur les bords. (manque de phosphore). • Les plantes ont un aspect broussailleux et les pousses sont effilées. (manque de calcium). Faible rendement Les tubercules, en apparence sains, noircissent et deviennent durs à la cuisson. Manque d’eau ou forte insolation et chaleur • Les tubercules présentent des taches brunes localisées surtout dans l’anneau vasculaire (manque d’eau). • Les tubercules verdissent et se nécrosent. (excès de chaleur). • Les facteurs abiotiques comme le manque d’eau, l’insolation et la chaleur peuvent égale ment engendrer des troubles physiologiques qui s’extériorisent par un flétrissement plus ou moins chronique qui varie suivant les conditions météorologiques (température et humidité). Le goût des tubercules change, et ils deviennent impropres à la consommation (toxines). NB : Dans les conditions de culture de la pomme de terre chez les petits producteurs en Afrique, les troubles liés à l’excès d’éléments nutritifs sont peu fréquents (faible utilisation d’engrais chimiques) contrairement aux troubles d’origine atmosphérique. 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES EN COURS DE CONSERVATION Complexe d’infection des tubercules Pourritures sèches • Sur la peau du tubercule s’observent des zones marbrées de couleur rouille (mildiou) ; ++ ++ • Tubercules avec taches brunes déprimées, et présence de masses blanchâtres. Le tubercule desséché est très dur (Fusarium sp.) ; • Tubercules avec taches déprimées peu pénétrantes, de couleur brun foncé, se distinguant nettement sur la chair ferme du tubercule (Alternaria solani). Pourritures humides • Pourriture sur les tubercules blessés au moment de la récolte par temps chaud (Pythium sp.) ; • Tache brune sur tubercule et formation d’une masse visqueuse (Pectobacterium sp.) ; • Présence de petites proéminences ou parfois de plaques sur le tubercule qui libèrent une poudre brune (Spongospora subterranea). Les infections produites en cours de végétation se poursuivent en conservation, où de nombreux sa prophytes accélèrent la pourriture des tubercules. La mauvaise présentation des tubercules est la cause de leur mévente. Les pourritures des tubercules peuvent également affecter négativement leur goût. MAlADIES DES TUBERCUlES EN CONSERVATION Ces maladies sont surtout dues à des infections parasitaires causées par des champignons et bactéries depuis la plantation et qui évoluent ensuite en raison de mauvaises conditions de conservation. Elles provoquent une dépréciation de la production, donc une réduction de la valeur marchande. Pourritures sèches des tubercules Pourritures brunes à noires, très sèches et bien déprimées sur les tuber cules (Alternaria solani). Symptôme d’alternariose sur tubercule P27 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES DES TUBERCUlES EN CONSERVATION - suite Tubercules à chair fortement teintée à la périphérie, de couleur rouille et à texture fibreuse ou granuleuse (Phytophthora infestans). Une coupe du tubercule montre des zones marbrées de couleur rouille en surface, pouvant s’étendre vers le centre du tubercule, et aux contours mal définis. Vue extérieure des tubercules affectés par P. infestans Vue intérieure des tubercules affectés par P. infestans Tubercules recouverts de petits sclérotes irréguliers (Rhizoctonia solani). Les tubercules issus de plantes atteintes sont petits, difformes et angu leux, avec parfois des desquamations rappelant la gale commune. Dans certains cas, on peut observer des nécroses lenticulaires ou des petits bouchons liégeux (« dry core »). Symptôme de R. solani sur tubercule Tubercules présentant des taches brunes légèrement déprimées, entou rées de rides concentriques sur lesquelles se forme un coussinet mycé lien blanchâtre (Fusarium sp.). La coupe du tubercule montre une pourriture marron qui se développe vers l’intérieur, où des cavités internes tapissées de mycélium appa raissent. Le tubercule peut se dessécher progressivement jusqu’à donner un tubercule « momifié » de consistance dure. Symptômes externes de la fusariose sur tubercule P28 1. Principaux ennemis et importance MAlADIES DES TUBERCUlES EN CONSERVATION - suite Présence de petits boutons proéminents sur les tubercules, de cou leur brun jaunâtre puis foncé. Ces boutons fusionnent pour former des plaques (Spongospora subterranea). Le champignon S. subterranea s’installe sous l’épiderme des tubercules où il provoque des pustules de couleur claire qui prendront une teinte foncée à maturité. Par la suite, les pustules éclatent et libèrent une masse brunâtre poudreuse contenant des ballonnets de spores. Les symptômes ultimes de la gale poudreuse correspondent à de nom breuses petites dépressions liégeuses sur les tubercules, entourées de morceaux d’épiderme déchiré. Pustules formées par Spongospora sp. Présence de petits points liégeux, parfois réunis en larges plaques ou véritables galles, en creux ou en relief, distinctes ou assemblées (Strep tomyces scabies ou gale commune). Ces symptômes se manifestent sous plusieurs formes et parfois unique ment à la surface des tubercules : gales en pustules ou en relief (avec présence de pustules s’enfonçant en cratères dans les tubercules), gales en liège (présence de taches liégeuses superficielles) ou symptômes en forme d’étoiles. Ces symptômes dépendent de divers facteurs, dont le type de souche de gale commune, la variété et les conditions climatiques. Symptômes de gales en pustules Pourritures humides des tubercules Taches brunes sur les tubercules qui pourrissent et se transforment en une masse visqueuse (Pectobacterium spp.). Lorsque de telles pourritures se produisent sur les semenceaux, les pre miers signes visibles en champs sont : des manques, des buttes vides et un retard dans la levée. Pourriture molle bactérienne (infection des lenticelles d’un tubercule) P29 1. Principaux ennemis et importance NEMATODES Meloidogyne spp. Plusieurs espèces de nématodes à galles du genre Meloidogyne peuvent provoquer des dégâts sur pomme de terre (baisses de rendement, déformations externes, nécroses internes). Cer taines espèces de nématodes sont très courantes en pays chauds, depuis le pourtour médi terranéen jusqu’aux tropiques : M. arenaria, M. javanica, M. incognita. D’autres sont plus adaptées aux conditions méditerranéennes et tempérées : M. hapla, M. chitwoodi et M. fallax. Ces nématodes sont transmis par le matériel végétal infecté : des tubercules de pomme de terre (avec ou sans symptôme visible) et toute plante enracinée (tomate, laitue, etc.). Ils sont extrêmement polyphages et se développent sur de nombreuses cultures et mauvaises herbes (morelle, …). Sur la pomme de terre comme sur bien d’autres cultures, en particulier les cultures maraî chères, les Meloidogynes provoquent des nodosités ou de fortes déformations des racines et des tubercules à l’intérieur desquelles on peut apercevoir de petites perles blanchâtres, grosses comme une demi tête d’épingle. Ce sont les femelles adultes du nématode. Une grande partie du système racinaire peut devenir nécrotique. Les tubercules de certaines variétés réagissent pour former des craquelures longitudinales, tandis que d’autres verront émerger des protubérances en forme d’« ampoules » à travers l’épiderme. Des symptômes non spécifiques, aériens notamment, peuvent être observés : une croissance irrégulière ou stoppée, la coloration (chlorose) des feuilles, un flétrissement excessif lorsque les conditions sont chaudes et sèches. Galles formées sur racines Galles de nématodes, Meloidogyne javanica Helicotylenchus spp. Les symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent être confondus avec ceux occasionnés par d’autres nématodes. Ce sont des nématodes spiralés qui peuvent être à la fois endoparasites et ectoparasites. Ils attaquent les racines et entraînent le flétrissement des parties aériennes. Pratylenchus spp. Les plantes touchées se flétrissent du fait de la réduction du système racinaire nourricier. Les nématodes sont à l’origine de petites lésions nécro tiques brunes sur les racines fibreuses. Les racines charnues déjà touchées portent des lésions brun noirâtre qui sont souvent envahies par les champignons et les bactéries saprophytiques. VERTEBRES Rats - Rattus rattus, R. norvegicus Les rats et les rats-taupes se nourrissent parfois des tubercules de la pomme de terre en creusant des galeries dans les billons ou en s’attaquant aux tubercules exposés. Ils dénaturent souvent plus de tubercules qu’ils ne peuvent consommer. Les blessures faites sur les tubercules sont ensuite des voies de pénétration de micro-organismes pathogènes occasionnant la pourriture de ces tubercules. P30 1. Principaux ennemis et importance DIPlOPODES Mille-pattes Description Les diplopodes sont aussi connus sous le nom de mille-pattes. Leurs nombreuses pattes (de 30 à 400) sont rattachées à un corps segmenté rond à carapace dure ; ils peuvent mesurer jusqu’à 30 cm de long et sont de couleur brune à brun noirâtre. Ils se déplacent lentement et s’enroulent lorsqu’ils sont dérangés. Ils pondent des œufs isolément ou par grappes de 20 à 100 dans le sol. Ils vivent dans les sols humides (car ils se dessèchent assez rapidement et meurent) et se regroupent autour des plantes dans les sols riches en substances organiques, notamment les amas de compost et autres débris de plantes où ils se réfugient en cours de journée. Dégâts Ils creusent des galeries dans les tubercules. Mille-pattes MOllUSQUES Les limaces et escargots ne représentent généralement pas une grave menace pour les cultures, mais parfois leurs dégâts sont suffisamment graves pour envisager de les contrôler. Achatina spp. Plusieurs espèces appartenant à ce genre s’attaquent aux plantules, et ceci dès la levée : elles rongent les tiges, les feuilles, et peuvent anéantir rapidement semis et plantations. Parmi elles, Achatina weynsi est l’une des espèces les plus importantes signalée en République Démocratique du Congo. Sa coquille étirée, qui peut atteindre une dizaine de centimètres, est grisâtre. Les spires sont garnis de bandes transversales irrégulières. En Guinée, cette espèce de région forestière gagne progressivement en altitude pour s’attaquer à la culture de la pomme de terre. AUTEURS COLEAD

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