GUIDE PRATIQUE ET CONSEILS POUR LA CULTURE DE LA POMME DE TERRE
. Principaux ennemis et importance
Ce guide traite de la protection phytosanitaire de la pomme de terre. Cette culture est produite pour ses tubercules.
1.1 Importance et impact sur la quantité et la qualité de la production
Les informations données ci-dessous présentent la liste des principaux ravageurs et maladies qui seront traités dans ce Guide. Pour chaque ennemi
de la culture sont donnés :
• Le niveau d’importance de l’impact économique observé généralement dans les pays ACP suivant l’échelle suivante : (+) faible, (++) moyenne
ment important, (+++) important et (++++) très important.
• Les parties de la plante attaquées et la manière dont elles sont atteintes.
• Le type de pertes occasionnées qui induisent, toutes au final, des réductions de rendements en produits commercialisables et donc des pertes
financières. La présence des nuisibles peut entrainer des baisses de rendement par des pertes à différents niveaux :- nombre de plants par hectare réduit,- nombre de tubercules par plant réduit,- taille des tubercules réduite,- qualité moindre des tubercules.
Les organismes de quarantaine en Europe sont indiqués par « OQ ».
Les producteurs/exportateurs doivent vérifier régulièrement ces informations, étant donné l’évolution de la réglementation, en consultant les sites
suivants :
http://europa.eu/legislation_summaries/food_safety/plant_health_checks/f85001_fr.htm et http://www.eppo.org/QUARANTINE/quarantine.htm.
INSECTES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
léPIDOPTèRES
Noctuidae
Chenilles défoliatrices
Spodoptera exigua, Spodoptera littoralis « OQ », Helicoverpa armigera « OQ »
L’importance économique de ces ravageurs varie très fortement en fonction du degré d’infestation et du stade phénologique des plants.
+ à ++
Les chenilles dévorent le
parenchyme des feuilles. Il ne
reste que l’épiderme desséché.
Quand l’attaque est avancée, la
culture semble être grillée.
Possible réduction de la
taille des tubercules si
forte infestation sur les
feuilles aux premiers
stades de la plantation.
Réduction de la
taille des tubercules
commercialisables.
Vers gris
Agrotis ipsilon, A. segetum
+
Les chenilles s’abritent dans
la couche superficielle du sol.
Elles dévorent le feuillage et
coupent les tiges au ras du sol
pour se nourrir.
Nombre de plants
réduit par la mort
des tiges coupées.
Réduction du nombre de plants par unité de
surface et par conséquent du rendement en
tubercules. Réduction également en taille suite à
la défoliation.
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1. Principaux ennemis et importance
INSECTES - suite
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Sphyngidae
Sphinx tête de mort
Acherontia atropos
+
La feuille présente des trous
de forme irrégulière ou est
entièrement consommée à
l’exception du pétiole.
La taille et le nombre des tubercules peuvent être
réduits en cas de fortes pullulations entraînant
des défoliations importantes.
Dominance de
tubercules de
petits calibres,
commercialement peu
attractifs.
Gelechiidae
Teignes de la pomme de terre
Phthorimaea operculella, Tecia solanivora
Les teignes occasionnent des dégâts aussi bien en champ que pendant le stockage et la conservation des tubercules. Tecia solanivora est rencontrée dans les
Caraïbes (et en Amérique Centrale).
++ à
++++
Les larves minent les feuilles
les plus basses et les plus
larges et provoquent des
taches à reflets argentés.
Les larves
creusent des
galeries à
l’intérieur des
tubercules.
Ces galeries
constituent des
portes d’entrée
de champignons
et bactéries
augmentant
le risque de
pourriture.
En cas d’attaque
très sévère, il s’en
suit le flétrissement
et la mort des
plants avec pour
conséquence
une réduction du
nombre de plants.
Les tubercules affectés
deviennent impropres à
la consommation.
Pourriture des
tubercules après
une courte durée de
stockage.
ORThOPTèRES
Grillidae
Grillon et courtilière (polyphages)
Gryllotalpa africana, Brachytrupes membranaceus
+ à ++
Les larves et adultes
sectionnent les tiges à
ras du sol et dévorent
les feuilles la nuit.
Réduit suite aux dégâts
directs sur les tiges.
Pyrgomorphidae
Criquet puant (polyphage)
Zonocerus variegatus
+ à ++
Prélèvement de
nourriture sur les
feuilles, tiges et fleurs.
Destruction parfois
complète du limbe
foliaire.
Réduit par les dégâts
directs sur les feuilles
et tiges.
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1. Principaux ennemis et importance
INSECTES - suite
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
ISOPTèRES
Termitidae
Termites
Microtermes spp.
++ à
+++
Tissus intérieurs du collet
des tiges rongés.
Réduit par suite de
l’affaiblissement des tiges
et la mort de la plante.
hOMOPTèRES
Aleyrodidae
Mouche blanche (cosmopolite)
Bemisia tabaci « OQ »
+ à ++
Les larves et adultes vivent
à la face inférieure des
feuilles, ponctionnant les
liquides intracellulaires.
Les dégâts sont dus aux prélèvements de liquides
végétaux qui affaiblissent le plant, mais surtout à
la transmission de virus qui peuvent entraîner une
réduction considérable du poids des tubercules.
Réduction de la taille des
tubercules.
Aphididae
Pucerons
Myzus persicae, Aphis gossypii, Aulacartum solani, Macrosiphum euphorbiae
+ à ++
Les larves et adultes
piquent les feuilles et
sucent le liquide végétal.
Possible réduction (en nombre et taille) si forte
infestation sur les feuilles. Ces ravageurs sont surtout
dangereux pour leur capacité de transmission des virus
qui ont un effet additionnel sur cette réduction.
héMIPTèRES
Cicadellidae
Cicadelle
Jacobiasca lybica
+ à ++
Les larves et adultes se
nourrissent sur les tiges et
les feuilles qu’ils piquent
pour sucer la sève.
Possible réduction si
forte infestation sur les
plantules.
Coreidae
Punaise brune (Afrique tropicale - très polyphage)
Anoplocnemis curvipes
+ à ++
Les larves et adultes
sucent la sève en piquant
les pétioles et jeunes tiges.
Réduit suite au
flétrissement et la mort
des organes lésés surtout
les jeunes tiges.
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1. Principaux ennemis et importance
INSECTES - suite
COléOPTèRES
Chrysomelidae
Andrector ruficornis
+ à ++ Les larves adultes se
nourrissent des feuilles.
Fortement réduit suite à la diminution du pouvoir
photosynthétique de la plante.
ACARIENS
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Acariens des parties aériennes
Polyphagotarsonemus latus, Aculops lycopersici, Tetranychus spp.
+ à ++
Piqûres de prise de
nourriture sur les
feuilles par les larves et
adultes.
Possible réduction si forte infestation sur les feuilles.
Acarien des racines
Rhizoglyphus echinopus
Pucerons - Myzus persicae, Aphis gossypii, Aulacartum solani, Macrosiphum euphorbiae
+
Ceux-ci sont creusés et
présentent des couloirs
remplis d’une farine
granuleuse.
Les tubercules pourrissent
et deviennent impropres à
la consommation.
NEMATODES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Nématodes
Meloidogyne spp., Pratylenchus spp., Helicotylenchus spp.
+ à ++ Les larves pénètrent
dans les racines. Dépérissement de plants. Réduction si racines fortement atteintes. Tubercules déformés.
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1. Principaux ennemis et importance
VERTEBRES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Rats
Rattus rattus, R. norvegicus, Myomys daltoni, Cricetomis gambianus
+ à ++
Ils sont rongés et
servent de voie de
pénétration à de
nombreux micro
organismes pathogènes.
Réduction du nombre de tubercules entiers.
DIPlOPODES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Mille-pattes (arthropodes myriapodes)
+ à ++
Mangés par les
mille-pattes surtout
après des attaques de
curculionidés.
Réduction de la qualité
des tubercules.
MOllUSQUES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Escargot géant africain
Achatina spp.
+ à ++ Feuilles et tiges
rongées.
Réduction possible si
attaque précoce.
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1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES FONGIQUES du feuillage
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Alternariose
Alternaria solani
+ à
++
Les spores du
champignon
survivent dans les
résidus de culture
infectés, dans le sol
et sur les tubercules
contaminés. Les
spores germent
en présence
d’eau et pénètrent
directement la
surface foliaire,
provoquant des
lésions qui restent
limitées entre les
nervures.
Parfois, nécrose des
tiges et lésions sur les
tubercules servant de
voie de pénétration à
d’autres moisissures.
En période pluviale, les attaques sont sévères,
occasionnant de fortes défoliations avec réduction des
rendements en tubercules de consommation.
Pendant la conservation, les
tubercules peuvent présenter
des lésions brunes et
coriaces. Quoique demeurant
superficielles, ces lésions
affectent la présentation des
tubercules.
Cladosporiose
Cladosporium fulvum
+
Rouille ou
moisissures des
feuilles.
Forte réduction du feuillage par temps frais et
humide, affectant la tubérisation.
Formation de petits
tubercules si attaque tardive.
Mildiou
Phytophtora infestans
++ à
+++
Le mycélium du
champignon se
développe sur la
face inférieure des
feuilles infectées et
produit des sporanges
qui assurent la
propagation de la
maladie.
Occasionne des
pourritures humides
ou sèches sur les
tubercules.
Réduction du nombre
de plants (mortalité
due à une forte
défoliation).
Réduction du système foliaire, mort des tiges et
faible tubérisation si attaque précoce.
Pourriture, momification,
tubercules durs et au goût
amer à la cuisson.
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1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES FONGIQUES des tiges et des tubercules
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Pourritures
Sclerotium rolfsii, Rhizoctonia solani
++
R. solani est transmis
par la semence de
pomme de terre sous
forme de sclérotes. En
conditions favorables,
ses filaments pénètrent
et croissent dans les
germes.
Le champignon produit
une toxine régulatrice
de la croissance.
Réduction par mort des
plants.
Peut intervenir à tous
les stades.
Les attaques précoces peuvent avoir une forte incidence
sur la réduction du rendement (faible tubérisation et
diminution du poids des tubercules).
Baisse de la qualité de la
présentation : tubercules de
petite taille, difformes, crevassés
parfois avec des altérations
superficielles.
Fusariose et verticilliose
Fusarium oxysporum « OQ », Verticillium albo-atrum
+ à
++
F. oxysporum envahit
les tissus vasculaires.
L’infection des plants
par V. albo-atrum se
fait surtout par les
poils absorbants. Les
hyphes du champignon
croissent dans les
vaisseaux du xylème et
entravent la circulation
de l’eau.
Réduction par mort des
plants.
Nombre de tubercules réduit par l'affaiblissement/mort
des plants
Possible pourriture sur les
tubercules, les rendant
impropres à la consommation.
P13
1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES BACTERIENNES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Pourriture brune de la pomme de terre
Ralstonia solanacearum « OQ »
+++ à
++++
La bactérie
pénètre dans la
plante à travers
des blessures
naturelles,
artificielles ou par
les nématodes.
Elle se multiplie
rapidement dans les
tissus et colonise le
système vasculaire
pour se propager à
toute la plante.
Les tissus conducteurs
des stolons et
tubercules deviennent
bruns.
Réduction par mort
des plants.
Les attaques précoces dans les sols contaminés ou
lourds (souvent mal drainés) présente un taux élevé de
mortalité des plants allant jusqu’à la perte totale de la
récolte.
Possible pourriture des
tubercules, devenant impropres
à la consommation humaine.
Pourritures molles (tubercules) / “jambes noires” (tiges)
Pectobacterium carotovorum, Pectobacterium atrosepticum, Dickeya spp.
+ à
++
Ces bactéries se
développent sur la
végétation ou sur
le tubercule. Dans
tous les cas, les
organes atteints
présentent une
destruction des
vaisseaux.
Pourriture molle des
tubercules avec une
forte odeur.
Réduction du nombre
de plants suite au
flétrissement et à
la mort.
En conditions favorables (temps chaud et humide)
la maladie provoque une forte mortalité des plants
et une réduction de la densité.
Pourriture molle et visqueuse
des tubercules les rendant
impropres à la consommation
humaine
(en conservation).
Gale commune
Streptomyces scabies
+ à
++
Le Streptomyces
envahit les
tubercules par les
lenticelles. Après
sa pénétration, le
pathogène colonise
quelques couches de
cellules qui meurent
et il survit en
saprophyte sur les
tissus nécrosés.
Lésions
« liégeuses » à
la surface des
tubercules qui
peuvent être
superficielles ou
plus profondes.
Dépréciation de
l’apparence des tubercules
(présentation).
P14
1. Principaux ennemis et importance
VIROSES
Importance
Organes atteints Type de pertes
Feuilles et tiges Tubercules Nombre de plants Nombre de
tubercules/plant
Taille/poids des
tubercules
Qualité des
tubercules
Virus de l’enroulement de la pomme de terre (PLRV)
+
Ce virus est introduit dans la plante par
des insectes vecteurs (pucerons). Les
particules virales détruisent les vaisseaux
des organes atteints et l’amidon ne peut
plus être transporté, donnant lieu aux
symptômes.
Faible tubérisation suite
au rabougrissement des
plants.
Tubercules de taille et
poids réduits suite au
rabougrissement des plants.
Tubercules de petites tailles, de
faible valeur commerciale, et
impropres à l’utilisation comme
semences.
Les virus X, A et Y
virus X de la pomme de terre (PVX, acronyme de Potato virus X)
+ à
++
Le virus est transmis uniquement par
contact du feuillage dans les techniques
culturales. Il demeure infectieux pendant
6 heures sur les différents supports. Il se
propage dans toute la plante.
Réduction du rendement du fait de l’impact sur
l’activité photosynthétique.
Tubercules de petites tailles,
de faible valeur commerciale,
et impropres à l’utilisation
comme semences.
virus A de la pomme de terre (PVA, acronyme de Potato virus A)
+ à
++
Ce virus est transmis principalement par
les pucerons, mais aussi par contact direct
entre plantes blessées, par exemple en
cas de vent ou par le biais des instruments
agricoles. Il se propage dans toute la
plante.
Réduction du rendement du fait de l’impact sur
l’activité photosynthétique.
Tubercules de petites tailles,
de faible valeur commerciale,
et impropres à l’utilisation
comme semences.
virus Y de la pomme de terre (PVY, acronyme de Potato virus Y)
+ à
++
Le virus Y est transmis par diverses
espèces de pucerons qui en sont le vecteur
le plus important, mais il peut aussi rester
en sommeil dans les tubercules utilisés
comme semence. Il se propage dans toute
la plante.
Réduction du rendement du fait de l’impact sur
l’activité photosynthétique.
Des souches de PVY peuvent interagir avec
d’autres virus de la pomme de terre comme
le PVX et le PVA, et provoquer des pertes plus
importantes.
Tubercules de petites tailles,
de faible valeur commerciale,
et impropres à l’utilisation
comme semences. Apparition
de taches nécrotiques
dans les tubercules, qui
rendent les pommes de terre
impropres à la vente.
1. Principaux ennemis et importance
1.2 Identification et dégâts
Cette section contient des informations et des illustrations pour faciliter l’identification des principaux bio-agresseurs (ravageurs et maladies).
INSECTES
Insectes attaquant les organes aériens : feuilles et tiges
léPIDOPTèRES
Noctuidae
Spodoptera spp.
Ce genre comprend plusieurs espèces dont les plus importantes sur pomme de terre en climat tropical chaud sont S.exigua et S. littoralis. Une
caractéristique commune à ces espèces est la ponte, déposée très généralement sous forme de masses recouvertes d’écailles et de poils en pro
venance de l’abdomen de la femelle. Ces masses sont facilement repérables, ce qui constitue un élément important dans la lutte mécanique contre
ces espèces.
S. exigua : largement répandue dans le monde, c’est une espèce très polyphage.
Description
Le corps de l’adulte mesure environ 14 mm et l’envergure des ailes étalées peut atteindre 35 mm. Les ailes antérieures sont gris-brun avec deux
taches caractéristiques brun-jaune. Les chenilles, de couleurs assez variables, sont en général vertes aux premiers stades et brunissent ensuite.
Les chenilles matures mesurent jusqu’à 4 cm de long et sont généralement de couleur noire, leur tête comportant généralement des taches brun
foncé et leur dos des bandes jaune clair. Elles vivent groupées pendant les premiers stades et se dispersent ensuite.
Dégâts
Les dégâts sont caractéristiques : pendant les premiers stades seul l’épiderme supérieur des feuilles est rongé, ensuite la feuille entière est
consommée exception faite de la nervure centrale. En grand nombre, ces chenilles ont une activité grégaire et peuvent se déplacer en groupes.
S. littoralis : présent en Afrique.
Description
L’adulte est un papillon au corps blanchâtre teinté de rouge ; les ailes antérieures sont étroites,
brun crémeux à gris, à ornementation complexe avec des bandes blanchâtres, tandis que les
ailes postérieures sont blanchâtres. L’envergure des ailes étalées mesure 30 à 40 mm. Aux
1ers stades, la chenille est de couleur vert vif avec la tête et la plaque thoracique noire ;
ensuite elle passe progressivement au brun-noir tachetée de blanc avec une ligne dorsale
médiane brun-rouge.
Dégâts
A l’éclosion les chenilles restent groupées sur la face inférieure des feuilles et consomment
le parenchyme. Parfois l’espèce adopte le comportement d’un ver gris. Les chenilles ont alors
une activité strictement nocturne, se cachant en journée dans les crevasses du sol.
Très polyphage, S. littoralis demeure un ravageur potentiellement dangereux pour la pomme
de terre.
Adulte
Chenille
P15
1. Principaux ennemis et importance
Noctuidae - suite
La Noctuelle de la tomate, Helicoverpa armigera (= Heliothis armigera)
Description
L’adulte a un gros corps d’environ 20 mm de longueur et une envergure de 40 mm (ailes
étalées). Les ailes antérieures de couleur chamois ou tannée présentent une tache foncée
au milieu avec une légère bande transversale plus foncée. Les ailes postérieures sont claires
bordées d’une bande marginale foncée comportant deux taches plus claires.
Les chenilles sont de couleur variable : verdâtre, jaunâtre, rosâtre ou brunâtre, couvertes de
petits poils. La tête et la plaque thoracique sont brunes à noires, avec des taches au début.
Elles présentent souvent des bandes longitudinales latérales claires et foncées, en particulier
une large ligne blanche sur les côtés. Leur longueur peut atteindre 40 mm à leur développe
ment complet.
Dégâts
Sur la pomme de terre, les chenilles rongent les feuilles en y laissant de grandes perfora
tions. Les dégâts s’observent surtout dans les conditions d’assolement où la pomme de terre
coexiste avec d’autres hôtes appréciés comme la tomate ou le maïs, ou lorsque ces cultures
précèdent la pomme de terre et que des résidus de récolte se maintiennent dans les champs
de pomme de terre.
Chenille
Agrotis spp.
Ce genre comprend également deux espèces d’importance économique pour la culture de la pomme de terre : Agrotis ipsilon et A. sepedecum.
Agrotis ipsilon : présent sur tout le continent africain.
Description
Le papillon mesure environ 20 mm et a une envergure de 40 à 45 mm (ailes étalées). Le
corps est brun-grisâtre. Les ailes antérieures sont brunes avec, le long du bord externe, une
ligne brisée limitant de petits triangles noirs et, vers le centre de l’aile, une tache orbiculaire
prolongée, extérieurement, par une autre bande cunéiforme noire. Les ailes postérieures sont
blanches avec une bande marginale brun-foncée, bien marquée.
A leur développement complet, les chenilles peuvent atteindre jusqu’à 50 mm de long. A la
naissance, elles sont vert clair, avec de petits tubercules sétifères, puis elles deviennent brun
gris, glabres avec la face ventrale claire et, dorsalement, deux lignes longitudinales claires de
part et d’autre d’une ligne médiane plus foncée. Chaque segment du corps de la chenille porte
latéralement quatre taches brunes.
Dégâts
Les jeunes chenilles, avant de se disperser, rongent les feuilles proches de celles sur les
quelles la ponte des œufs a été effectuée. Plus âgées, elles sectionnent pendant la nuit les
tiges au ras du sol. Le papillon est présent sur des espèces végétales très diverses incluant
les céréales, les légumineuses, la patate douce, le coton, le tabac et les cultures légumières.
Dégâts d’Agrotis spp. (plant de pomme de
terre coupé à ras du sol à Dalaba (Guinée)
Chenille d’Agrotis ipsilon
(différentes colorations)
P16
P17
1. Principaux ennemis et importance
Noctuidae - suite
Agrotis segetum
Description
Le papillon mesure 40 mm d’envergure. De fines lignes brunes traversent l’aile au niveau de
son tiers antérieur, ainsi que vers son extrémité. Le front porte un petit relief tronconique à
bords relevés, visible lorsqu’on enlève les écailles qui le recouvrent.
La chenille au stade néonate est brun-jaune et légèrement rougeâtre sur le dos. A son déve
loppement complet, elle mesure 40 à 45 mm de longueur. Sa coloration générale devient gris
plombé et ocre chez les individus sur le point de faire la mue nymphale.
Dégâts
La chenille attaque le collet, les racines et les tubercules. Elle détruit ainsi les feuilles en
voie de formation, les tissus indifférenciés ou sectionne complètement les tiges des jeunes
plants. C’est un insecte polyphage qui s’attaque à diverses cultures maraîchères, fourragères,
florales, etc.
Chenille d’Agrotis segetum
Sphingidae
Le Sphinx de la pomme de terre (Sphinx tête de mort), Acherontia atropos (L.)
Description
La chenille est grande, de couleur verdâtre ou jaunâtre, avec des lignes latérales de couleur
bleue. Elle peut atteindre une longueur de 15 cm. Sur la partie postérieure du corps, elle porte
une épine en forme de “S”.
Dégâts
Comme chez le sphinx de la patate douce, les chenilles se nourrissent de feuilles dans les
quelles elles font des trous de forme irrégulière. Elles peuvent consommer la totalité de la
feuille, pour ne laisser que le pétiole. Sur la culture de la pomme de terre, les dégâts dus aux
sphingides ne sont normalement pas importants.
Adulte, chenille et chrysalide
COlEOPTèRES
Chrysomelidae
Andrector ruficornis
Les larves et les adultes détruisent entièrement les feuilles.
Adulte
1. Principaux ennemis et importance
ISOPTèRES
Les termites sont des insectes sociaux dont certaines espèces sont nuisibles à l’agriculture. Ils possèdent des pièces buccales conçues pour
déchiqueter et broyer les tissus végétaux. Les dégâts sont occasionnés de diverses manières, entre autres :
• en pénétrant dans la tige du végétal, à quelques centimètres sous la surface du sol et en vidant l’intérieur du collet et de la racine principale,
entraînant ainsi l’affaiblissement des tiges et la mort de la plante (Microtermes spp.) ;
• en se comportant en polyphages, se nourrissant du végétal (Trinervitermes spp.) ;
• en creusant des galeries souterraines et en édifiant des galeries le long des tiges ce qui provoque la déstabilisation du plant.
L’inventaire des termites sur la pomme de terre en milieu tropical a fait l’objet de peu d’attention bien que les dégâts causés soient bien souvent
importants. Ont cependant été rapportées plusieurs espèces nuisibles appartenant à divers genres sur d’autres plantes à racines et tubercules
comme le manioc et la patate douce. En raison de leur polyphagie, les mêmes espèces peuvent se rencontrer sur la pomme de terre. Il d’agit de :
Hodotermes mosambicus (Afrique de l’Est et du Sud) ; Microtermes subhyalinus (Afrique tropicale) ; M. thoracalis (Soudan, Afrique Centrale) ; Tri
nervitermes geminatus (Sénégal) ; Amitermes evuncifer (Nigeria) et Eutermes parvulus (Sénégal).
ORThOPTèRES
Grillidae
La Courtilière (Grillon-Taupe), Gryllotalpa africana
Description
Cet insecte au corps robuste, cylindrique, de couleur variant de brun à chamois, vit la plupart
du temps dans le sol. L’adulte mesure 35 à 45 mm de long. La tête, qui porte des pièces buc
cales broyeuses très développées et des antennes courtes, est partiellement recouverte par le
prothorax et forme un ensemble très visible. Les pattes antérieures, courtes, sont fouisseuses.
Les ailes postérieures, grandes et transparentes, sont en partie recouvertes par de courts
élytres hyalins. L’abdomen porte à son extrémité deux longs cerques.
Dégâts
Les dégâts sont occasionnés soit par les déplacements des courtilières en surface ou à faible
profondeur qui soulèvent le sol et déstabilisent alors les jeunes plantes, soit par le prélèvement
des organes aériens (feuilles et tiges) qu’elles emportent dans leurs terriers pour se nourrir.
La courtilière se nourrit également de vers de terre (Lumbricidae spp.), de larves d’insectes
souterrains et des racines de plantes légumières, ornementales ainsi que celles de diverses
graminées.
La courtilière préfère les sols légers et frais (faciles à creuser) et riches en matière organique
et en nourriture potentielle.
Adulte
Brachytrupes membranaceus
Description
Ce grillon, de 45 à 50 mm de long est noir brillant, avec la partie postérieure de la tête plus
claire. Les tibias des pattes postérieures sont armés de puissants éperons. L’adulte vit dans
des galeries étendues, quelques fois assez profondes, s’ouvrant à la surface par un vaste
orifice.
Dégâts
Les adultes sectionnent les tiges de la pomme de terre à ras le sol et les dévorent sur place
ou transportent les feuilles dans le terrier pour nourrir les jeunes grillons.
Adulte
P18
1. Principaux ennemis et importance
Pyrgomorphidae
Le Criquet puant, Zonocerus variegatus
Description
L’adulte mesure de 40 à 48 mm de long, le corselet est vert olive, jaunâtre sur les bords, tandis
que la tête et le reste du corps sont noirs, parsemés de taches blanches, jaunes et oranges.
Les élytres sont vert-jaune. La forme générale de la larve ressemble à celle de l’adulte, mais la
teinte dominante est le noir tacheté de jaune.
Dégâts
Le criquet puant endommage les plants de pomme de terre quel que soit son stade de déve
loppement. Les pertes sont les plus importantes lors d’attaque précoce des plants à la levée.
Les dégâts sont similaires à ceux de nombreuses autres espèces de criquets rencontrés sur
diverses cultures en milieu tropical. Les larves et adultes dévorent les folioles en ne laissant
que la nervure principale.
hOMOPTèRES
Aleyrodidae
La Mouche blanche du tabac, Bemisia tabaci
Description
Larve de Zonocerus variegatus
Les adultes sont petits (1 à 2 mm) mais facilement observables sur les faces inférieures des feuilles du fait de leur couleur blanche. Très mobiles,
ils s’envolent rapidement. Les œufs sont insérés dans les tissus de la plante. Les larves sont ovales et plates. Le cycle biologique très court (28 à
35 jours) explique l’augmentation rapide des infestations.
Dégâts
Les larves et adultes se nourrissent de la sève, entraînant des taches chlorotiques sur la face supérieure des feuilles. La multitude des piqûres et
la toxicité de la salive injectée provoquent des déformations foliaires qui, en cas de forte infestation, conduisent au dessèchement des feuilles ainsi
qu’à la présence de miellat.
Nymphes
Adulte
Dégâts de B. tabaci sur feuilles de pomme de terre
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1. Principaux ennemis et importance
Aphididae
Le Puceron vert du pêcher, Myzus persicae
Description
L’adulte est de forme ovale et mesure 1,2 à 2,5 mm de longueur. Le corps
porte une paire d’appendices abdominaux (cornicules) légèrement renflés
aux extrémités et des tubercules proéminents et convergents à la base des
antennes.
Les adultes aptères sont de couleur vert pâle et presque translucides. Les
adultes ailés ont la tête et le thorax noir ou brun foncé et une tache dorsale
sombre sur l’abdomen.
Dégâts
Adulte aptère de Myzus persicae
Adulte ailé de Myzus persicae
Le puceron vert du pêcher se localise surtout sur les feuilles au bas des plants de pomme de terre. Il attaque aussi les fleurs et les pousses.
Le Puceron de la digitale, Aulacorthum solani
Description
L’adulte ailé est un puceron de taille moyenne mesurant 1,8 à 3,0 mm de long. Les antennes
sont longues et pigmentées sauf la base de l’article III. Le front en forme de U présente des
tubercules antennaires élevés, à bords parallèles. L’abdomen est marqué de bandes transver
sales irrégulières diffuses, peu pigmentées. Les cornicules sont longues, droites, non renflées à
la base, pâles, avec une courte partie apicale pigmentée se terminant par une large collerette.
L’adulte aptère possède un abdomen brillant, vert à vert jaunâtre avec seulement une large tache
vert sombre à la base des cornicules.
Dégâts
A. solani cause rarement des dégâts importants directs à la culture de la pomme de terre. Il peut cependant, lors de fortes infestations, endommager
les germes des tubercules conservés dans les magasins à la lumière diffuse.
Le Puceron de la pomme de terre, Macrosiphum
euphorbiae
Description
L’adulte est aptère, de couleur vert à rose avec
une strie vert foncé sur le dos. Il mesure 2 à 4
mm de long et porte des cornicules cylindriques
deux fois plus longues que la queue et foncées à
l’extrémité. La queue est en triangle et très allon
gée, les antennes sont fusiformes, plus longues
que le corps et brunes aux extrémités.
Dégâts
Adulte aptère de Macrosiphum euphorbiae
Feuilles déformées
Les piqûres entraînent un ralentissement de la croissance des plants et une diminution du rendement. Habituellement, les plants infestés par une
forte population de M. euphorbiae flétrissent et leurs feuilles sont couvertes de miellat.
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1. Principaux ennemis et importance
héMIPTèRES
Cicadellidae
Les cicadelles ou jassides ont la particularité d’être de bons sauteurs.
La Cicadelle africaine Jacobiasca lybica
L’adulte a une forme très allongée, ses ailes, plus longues que son corps, sont d’un blanc
translucide à nervation verte. La femelle, longue de 3 à 3,2 mm, est plus grande que le mâle
qui mesure de 2,2 à 2,5mm. Le corps de l'adulte est en général vert foncé.
Les larves se déplacent latéralement. Adultes et larves infestent le feuillage, et en sucent la
sève. Il peuvent transmettre des virus et provoquer une décoloration des feuilles.
Adulte et symptômes de brûlure de la cicadelle
Insectes attaquant les organes végétatifs et tubercules aux champs ou pendant le stockage
léPIDOPTèRES
Gelechiidae
Deux espèces de cette famille sont rapportées sur la pomme de terre en pays ACP: Phthorimaea operculella et Tecia solanivora. Parmi elles, P.
operculella est probablement la plus nuisible sous climat tropical chaud, surtout pendant l’entreposage des tubercules. Tecia solanivora a une
distribution géographique assez limitée.
Phthorimaea operculella
Description
L’adulte est un petit papillon de 10 à 12 mm d’envergure. Son abdomen est gris et ses an
tennes sont presque aussi longues que son corps. Ses ailes sont très étroites ; les antérieures
sont gris jaunâtre et parsemées de petites taches noires alors que les postérieures sont grises
et portent de longues soies.
La chenille, de couleur blanc rosé, mesure 10 à 12 mm à son développement complet. La tête
et le prothorax ont une couleur brun/noir. Chacun des segments du thorax porte quelques
points noirs avec un petit nombre de soies.
Dégâts
Les dégâts sont causés aussi bien dans le champ que dans les entrepôts. Les oeufs sont
pondus sur les feuille, ou directement sur les tubercules, au travers des fissures des billons.
La chenille creuse ensuite une galeries dans le pétiole d'une feuille proches de son point
d'éclosion. Elle peut aussi profiter d'une crevasse dans le sol pour atteindre dans le tubercule,
et y creuser une galerie sinueuse qu'elle tapisse de fils de soie, tout en rejetant ses excré
ments vers l'extérieur.
En magasin, la chenille en fin de développement larvaire se nymphose sur divers supports :
sacs de pomme de terre, palettes, murs, etc. avant qu'en émerge le papillon adulte.
Chenille de la teigne, dans sa galerie
Adultes de la teigne, vue dorsale et ventrale
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1. Principaux ennemis et importance
ACARIENS
Acariens du feuillage
Tetranychus urticae, Aculops lycopersis et Polyphagotarsonemus latus
L'Acarien jaune (Tétranyque tisserand), Tetranychus urticae
Description
L’adulte est de couleur jaune-verdâtre avec 2 grandes taches foncées sur les côtés et mesure
0,5 mm de long. Il possède 4 paires de pattes. La larve est semblable à l’adulte mais ne pos
sède que 3 paires de pattes. L'oeuf est jaune, translucide, et mesure 0,1mm.
Dégâts
Les femelles pondent sur les adventices ou autres plantes herbacées dans les champs ou à
leurs abords. Larves et adultes migrent ensuite sur la culture, et tissent des toiles soyeuses
sur la face inférieure des feuilles de pomme de terre, se protégeant ainsi du vent, des pré
dateurs, et par là même des traitements. Pour se nourrir, ils piquent les feuilles et aspirent
le suc cellulaire. Les dégâts directs sont dus aux piqûres de prise de nourriture : les feuilles
prennent un aspect moucheté puis se dessèchent. En cas de pullulation, la plante peut mourir.
C’est une espèce très polyphage qui s’attaque à près de 200 espèces de plantes sauvages,
légumières, florales et fruitières.
Adulte et symptômes de brûlure de la cicadelle
Polyphagotarsonemus latus
Description
La femelle mesure 0,2 mm de long. Elle est ovale, allongée, et jaune opalescente. Le mâle est
plus trapu avec de longues pattes. La quatrième paire de pattes se termine par un tubercule
à la place d’une griffe.
Dégâts
Ces acariens se trouvent surtout sur la face inférieure des feuilles. Ils causent la nécrose des
parties inférieures des feuilles, qui se plissent progressivement. Les attaques se concentrent
sur les jeunes pousses.
Symptômes sur feuilles
Vue de l'acarien à la loupe
Aculops lycopersici
Description
Ces acariens sont presque invisibles à l’œil nu.
Dégâts
Leurs piqûres donnent aux feuilles et aux tiges un aspect brillant, huileux et une coloration
bronzée. Finalement les feuilles durcissent, brunissent et la plante se dessèche.
Vue de l'acarien à la loupe
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1. Principaux ennemis et importance
Acarien des racines - Rhizoglyphus echinopus
Rhizoglyphus echinopus
Description
C’est un petit acarien de 0,5 à 0,8 mm de long au stade adulte, au corps ovale, blanc brillant,
et aux pattes rougeâtres. Son développement passe par trois stades nymphaux et demande
environ trois semaines (en fonction de la température ambiante).
Dégâts
Cet acarien parasite de nombreuses plantes cultivées, notamment diverses plantes à bulbes
et tubercules (ail, amaryllis, dahlia, jacinthe, lis, oignon, tulipe, etc.) ainsi que la patate douce et la pomme de terre. Sur cette dernière, les attaques
peuvent avoir lieu aussi bien sur les plantes en culture que sur les tubercules entreposés.
L’acarien attaque les racines, les stolons et les tubercules, dans lesquels il creuse des couloirs remplis d’une farine granuleuse. Ces symptômes
peuvent être confondus avec ceux de la maladie vermiculaire de la pomme de terre, causée par un nématode.
MAlADIES FONGIQUES du feuillage
Alternaria solani
La maladie s’observe d’abord sur les feuilles inférieures puis sur les feuilles
supérieures par des nécroses à zones concentriques (photo de gauche). Le
feuillage se dessèche ensuite, et chute comme si la plante était en maturité
(photo de droite).
Les tubercules peuvent également être infectés.
Symptômes initiaux
Symptômes avancés
Cladosporium fulvum
Sur la face inférieure des feuilles s’observe un duvet blanchâtre, suivi par le jaunissement et la chute des feuilles atteintes.
Phytophtora infestans
Cette maladie se manifeste par des nécroses aqueuses sur les feuilles
inférieures, lesquelles présentent parfois, en bordure, une moisissure blan
châtre. La fusion de ces nécroses entraîne « l’effondrement » de la plante.
Ce champignon du sol peut s’attaquer aux tubercules situés près de la
surface, causant des taches aqueuses qui brunissent et servent de voies
de pénétration à d’autres organismes.
La maladie est manifeste en temps humide et dans les sols lourds.
Nécroses aqueuses sur les bordures
des folioles
Plantes en dépérissement suite aux
attaques
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1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES FONGIQUES causant des flétrissements
Fusarium oxysporum, Verticillium albo-atrum, Rhizoctonia solani, Sclerotium rolfsii
Ces champignons terricoles sont responsables de flétrissements du feuillage souvent similaires, et sont difficiles à différencier sans examen de
laboratoire. L’arrachage entier du plant et le sectionnement de la tige permet parfois la détermination de l’agent responsable.
• dépérissement progressif des plants développés, jaunissement et nécrose des feuilles, flétrissement et mort des plants, parfois brunissement
des tissus conducteurs … (Fusarium oxysporum et Verticillium albo-atrum).
• mort des plants à tous les stades, nécrose noire du collet (tiges), formation de petits tubercules aériens et de sclérotes noirs sur les tiges et
les tubercules … (Rhizoctonia solani)
• flétrissement brusque de plantes isolées présentant une pourriture du collet et des racines. La tige au niveau de la surface du sol présente
une moisissure blanchâtre parsemée de petits grains beiges (sclérotes) … (Sclerotium rolfsii)
• Dégâts de R. solani
Dégâts de F. oxysporum
MAlADIES BACTERIENNES
Sclérotes de S. rolfsii
Ralstonia solanacearum
Cette maladie se manifeste sous forme de flétrissement d’une ou plusieurs
tiges sans jaunissement préalable, à l’approche de la floraison. Ce flétrisse
ment est accentué aux heures chaudes de la journée.
Une fois sectionnée, la tige laisse échapper un exsudat bactérien. Les tissus
conducteurs de la tige, les stolons et les tubercules sont quelque fois colorés
en brun.
Cette maladie est la plus importante des maladies bactériennes de la pomme
de terre en Afrique subsaharienne.
Symptômes sur plants
Symptômes sur tubercules
Pectobacterium (= Erwinia) carotovorum, P. atrosepticum, Dickeya spp.
Les feuilles supérieures sont dressées et enroulées, et le reste du feuillage
est jaune en raison de la mauvaise alimentation du plant en eau. Par temps
chaud et humide, la plante flétrit et meurt.
Une pourriture noire s’installe au niveau du collet et se propage aux racines
entraînant le symptôme le plus typique, le phénomène de jambe noire (une
pourriture noire plus ou moins humide de la base des tiges). Les tubercules
atteints présentent une pourriture molle qui dégage une odeur caractéris
tique. Cette maladie se manifeste plus souvent sur les plants isolés. Les
symptômes s'expriment davantage après un déficit hydrique.
Dégâts de Pectobacterium caratovorum :
Symptômes initiaux
Symptôme de jambe noire
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1. Principaux ennemis et importance
VIROSES
De nombreuses viroses sont reportées sur la pomme de terre. La mosaïque de la pomme de terre est responsable de la majorité des dégâts éco
nomiques sur pomme de terre en Afrique.
Le virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV)
Les symptômes de la maladie sont un léger enroulement des jeunes feuilles qui perdent la souplesse des feuilles saines. Les feuilles se décolorent,
devenant vert pâle puis jaune avec une face inférieure tirant vers le violet.
Les mosaïques
Elles se manifestent par la présence, entre ou sur les nervures des
feuilles, de taches vert clair et vert foncé mélangées. L’apparition des
symptômes de mosaïque est, entre autres, fonction des conditions
climatiques.
La frisolée
Elle est causée par un mélange de virus et se caractérise par un rabou
grissement des plants, qui présentent alors des dimensions réduites. Les
feuilles sont petites et frisées, suite au raccourcissement des nervures.
Dans les cas typiques, le feuillage a un aspect ramassé.
Parfois les déformations des feuilles sont moins accentuées, et se carac
térisant par de simples sinuosités ou ondulations des bords.
P25
P26
1. Principaux ennemis et importance
VIROSES - suite
La Bigarrure
Les symptômes de bigarrure s’extériorisent sur les plantes adultes au
niveau des feuilles les plus âgées : des taches jaunes apparaissent puis
évoluent en nécroses ponctuelles, nervaires ou internervaires selon les
variétés atteintes ; certaines peuvent même montrer une nécrose apicale.
Les symptômes seuls ne permettent pas de savoir quel virus est en cause. Ils varient d’autre part suivant l’âge de la plante, le moment de l’infection,
la température et la génétique du virus et de l’hôte.
Le virus Y provoque divers symptômes en fonction de la souche virale. Le virus X associé au virus Y peut déterminer une frisolée ou une bigarrure.
MAlADIES PhYSIOlOGIQUES
Les conditions défavorables du milieu, les « accidents atmosphériques » ainsi que les carences alimentaires etc. causent des maladies physiolo
giques dont le diagnostic n’est toujours pas aisé. Un diagnostic erroné peut inciter à faire des traitements qui se révéleront inutiles.
Mauvaise fertilisation chimique
• La croissance des plants ralentit, les folioles à bordure vert clair se recroquevillent vers le
haut (excès azote).
• Le développement végétatif est faible, la maturation des tubercules est retardée et ils pré
sentent une nécrose interne d'aspect 'rouille'. (excès phosphore).
• Les entre nœuds sont courts, les folioles brun foncé, et les parties situées entre les nervures
jaunissent. Les feuilles inférieures se nécrosent et chutent. (excès d’azote).
• La plante est d'abord rabougrie, avec des feuilles présentant des taches brun foncé sur
la face supérieure. Plus tard, le limbe se retourne, les feuilles chutent et la plante meurt.
(manque de potassium).
• Les plantes sont chlorotiques, à faible développement (manque d’azote).
• Les feuilles sont ternes et d'une couleur roussâtre sur les bords. (manque de phosphore).
• Les plantes ont un aspect broussailleux et les pousses sont effilées. (manque de calcium).
Faible rendement
Les tubercules, en apparence sains, noircissent et
deviennent durs à la cuisson.
Manque d’eau ou forte insolation et chaleur
• Les tubercules présentent des taches brunes localisées surtout dans l’anneau vasculaire
(manque d’eau).
• Les tubercules verdissent et se nécrosent. (excès de chaleur).
• Les facteurs abiotiques comme le manque d’eau, l’insolation et la chaleur peuvent égale
ment engendrer des troubles physiologiques qui s’extériorisent par un flétrissement plus ou
moins chronique qui varie suivant les conditions météorologiques (température et humidité).
Le goût des tubercules change, et ils deviennent
impropres à la consommation (toxines).
NB : Dans les conditions de culture de la pomme de terre chez les petits producteurs en Afrique, les troubles liés à l’excès d’éléments nutritifs sont
peu fréquents (faible utilisation d’engrais chimiques) contrairement aux troubles d’origine atmosphérique.
1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES EN COURS DE CONSERVATION
Complexe d’infection des tubercules
Pourritures sèches
• Sur la peau du tubercule s’observent des zones marbrées de couleur rouille
(mildiou) ;
++
++
• Tubercules avec taches brunes déprimées, et présence de masses blanchâtres. Le
tubercule desséché est très dur (Fusarium sp.) ;
• Tubercules avec taches déprimées peu pénétrantes, de couleur brun foncé, se
distinguant nettement sur la chair ferme du tubercule (Alternaria solani).
Pourritures humides
• Pourriture sur les tubercules blessés au moment de la récolte par temps chaud
(Pythium sp.) ;
• Tache brune sur tubercule et formation d’une masse visqueuse (Pectobacterium
sp.) ;
• Présence de petites proéminences ou parfois de plaques sur le tubercule qui
libèrent une poudre brune (Spongospora subterranea).
Les infections produites en cours de végétation se
poursuivent en conservation, où de nombreux sa
prophytes accélèrent la pourriture des tubercules.
La mauvaise présentation des tubercules est la
cause de leur mévente.
Les pourritures des tubercules peuvent également
affecter négativement leur goût.
MAlADIES DES TUBERCUlES EN CONSERVATION
Ces maladies sont surtout dues à des infections parasitaires causées par des champignons et bactéries depuis la plantation et qui évoluent ensuite
en raison de mauvaises conditions de conservation. Elles provoquent une dépréciation de la production, donc une réduction de la valeur marchande.
Pourritures sèches des tubercules
Pourritures brunes à noires, très sèches et bien déprimées sur les tuber
cules (Alternaria solani).
Symptôme d’alternariose sur tubercule
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1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES DES TUBERCUlES EN CONSERVATION - suite
Tubercules à chair fortement teintée à la périphérie, de couleur rouille et à texture fibreuse ou granuleuse (Phytophthora infestans).
Une coupe du tubercule montre des zones marbrées de couleur rouille en surface, pouvant s’étendre vers le centre du tubercule, et aux contours
mal définis.
Vue extérieure des tubercules affectés par P. infestans
Vue intérieure des tubercules affectés par P. infestans
Tubercules recouverts de petits sclérotes irréguliers (Rhizoctonia
solani).
Les tubercules issus de plantes atteintes sont petits, difformes et angu
leux, avec parfois des desquamations rappelant la gale commune. Dans
certains cas, on peut observer des nécroses lenticulaires ou des petits
bouchons liégeux (« dry core »).
Symptôme de R. solani sur tubercule
Tubercules présentant des taches brunes légèrement déprimées, entou
rées de rides concentriques sur lesquelles se forme un coussinet mycé
lien blanchâtre (Fusarium sp.).
La coupe du tubercule montre une pourriture marron qui se développe
vers l’intérieur, où des cavités internes tapissées de mycélium appa
raissent. Le tubercule peut se dessécher progressivement jusqu’à donner
un tubercule « momifié » de consistance dure.
Symptômes externes de la fusariose sur tubercule
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1. Principaux ennemis et importance
MAlADIES DES TUBERCUlES EN CONSERVATION - suite
Présence de petits boutons proéminents sur les tubercules, de cou
leur brun jaunâtre puis foncé. Ces boutons fusionnent pour former des
plaques (Spongospora subterranea).
Le champignon S. subterranea s’installe sous l’épiderme des tubercules
où il provoque des pustules de couleur claire qui prendront une teinte
foncée à maturité. Par la suite, les pustules éclatent et libèrent une
masse brunâtre poudreuse contenant des ballonnets de spores. Les
symptômes ultimes de la gale poudreuse correspondent à de nom
breuses petites dépressions liégeuses sur les tubercules, entourées de
morceaux d’épiderme déchiré.
Pustules formées par Spongospora sp.
Présence de petits points liégeux, parfois réunis en larges plaques ou
véritables galles, en creux ou en relief, distinctes ou assemblées (Strep
tomyces scabies ou gale commune).
Ces symptômes se manifestent sous plusieurs formes et parfois unique
ment à la surface des tubercules : gales en pustules ou en relief (avec
présence de pustules s’enfonçant en cratères dans les tubercules), gales
en liège (présence de taches liégeuses superficielles) ou symptômes en
forme d’étoiles. Ces symptômes dépendent de divers facteurs, dont le
type de souche de gale commune, la variété et les conditions climatiques.
Symptômes de gales en pustules
Pourritures humides des tubercules
Taches brunes sur les tubercules qui pourrissent et se transforment en
une masse visqueuse (Pectobacterium spp.).
Lorsque de telles pourritures se produisent sur les semenceaux, les pre
miers signes visibles en champs sont : des manques, des buttes vides et
un retard dans la levée.
Pourriture molle bactérienne
(infection des lenticelles d’un tubercule)
P29
1. Principaux ennemis et importance
NEMATODES
Meloidogyne spp.
Plusieurs espèces de nématodes à galles du genre Meloidogyne peuvent provoquer des dégâts
sur pomme de terre (baisses de rendement, déformations externes, nécroses internes). Cer
taines espèces de nématodes sont très courantes en pays chauds, depuis le pourtour médi
terranéen jusqu’aux tropiques : M. arenaria, M. javanica, M. incognita. D’autres sont plus
adaptées aux conditions méditerranéennes et tempérées : M. hapla, M. chitwoodi et M. fallax.
Ces nématodes sont transmis par le matériel végétal infecté : des tubercules de pomme de
terre (avec ou sans symptôme visible) et toute plante enracinée (tomate, laitue, etc.). Ils sont
extrêmement polyphages et se développent sur de nombreuses cultures et mauvaises herbes
(morelle, …).
Sur la pomme de terre comme sur bien d’autres cultures, en particulier les cultures maraî
chères, les Meloidogynes provoquent des nodosités ou de fortes déformations des racines
et des tubercules à l’intérieur desquelles on peut apercevoir de petites perles blanchâtres,
grosses comme une demi tête d’épingle. Ce sont les femelles adultes du nématode.
Une grande partie du système racinaire peut devenir nécrotique. Les tubercules de certaines
variétés réagissent pour former des craquelures longitudinales, tandis que d’autres verront
émerger des protubérances en forme d’« ampoules » à travers l’épiderme.
Des symptômes non spécifiques, aériens notamment, peuvent être observés : une croissance
irrégulière ou stoppée, la coloration (chlorose) des feuilles, un flétrissement excessif lorsque
les conditions sont chaudes et sèches.
Galles formées sur racines
Galles de nématodes, Meloidogyne javanica
Helicotylenchus spp.
Les symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent être confondus avec ceux occasionnés par d’autres nématodes. Ce sont des nématodes spiralés
qui peuvent être à la fois endoparasites et ectoparasites. Ils attaquent les racines et entraînent le flétrissement des parties aériennes.
Pratylenchus spp.
Les plantes touchées se flétrissent du fait de la réduction du système racinaire nourricier. Les nématodes sont à l’origine de petites lésions nécro
tiques brunes sur les racines fibreuses. Les racines charnues déjà touchées portent des lésions brun noirâtre qui sont souvent envahies par les
champignons et les bactéries saprophytiques.
VERTEBRES
Rats - Rattus rattus, R. norvegicus
Les rats et les rats-taupes se nourrissent parfois des tubercules de la pomme de terre en creusant des galeries dans les billons ou en s’attaquant
aux tubercules exposés. Ils dénaturent souvent plus de tubercules qu’ils ne peuvent consommer.
Les blessures faites sur les tubercules sont ensuite des voies de pénétration de micro-organismes pathogènes occasionnant la pourriture de ces
tubercules.
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1. Principaux ennemis et importance
DIPlOPODES
Mille-pattes
Description
Les diplopodes sont aussi connus sous le nom de mille-pattes. Leurs nombreuses pattes (de 30 à 400)
sont rattachées à un corps segmenté rond à carapace dure ; ils peuvent mesurer jusqu’à 30 cm de long et
sont de couleur brune à brun noirâtre. Ils se déplacent lentement et s’enroulent lorsqu’ils sont dérangés. Ils
pondent des œufs isolément ou par grappes de 20 à 100 dans le sol. Ils vivent dans les sols humides (car
ils se dessèchent assez rapidement et meurent) et se regroupent autour des plantes dans les sols riches en
substances organiques, notamment les amas de compost et autres débris de plantes où ils se réfugient en
cours de journée.
Dégâts
Ils creusent des galeries dans les tubercules.
Mille-pattes
MOllUSQUES
Les limaces et escargots ne représentent généralement pas une grave menace pour les cultures, mais parfois leurs dégâts sont suffisamment graves
pour envisager de les contrôler.
Achatina spp.
Plusieurs espèces appartenant à ce genre s’attaquent aux plantules, et ceci dès la levée : elles rongent les
tiges, les feuilles, et peuvent anéantir rapidement semis et plantations.
Parmi elles, Achatina weynsi est l’une des espèces les plus importantes signalée en République Démocratique
du Congo. Sa coquille étirée, qui peut atteindre une dizaine de centimètres, est grisâtre. Les spires sont garnis
de bandes transversales irrégulières.
En Guinée, cette espèce de région forestière gagne progressivement en altitude pour s’attaquer à la culture
de la pomme de terre.
AUTEURS
COLEAD

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